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biographie


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EXPOSITIONS PERSONNELLES

2010
Time is out of joint, Centre culturel, Villeneuve-la-Garenne

2009
La Porte des Écritures une re-lecture, Archives de l'Essonne, Château de Chamarande

2008
Nuit Blanche, projection vidéo, Musée Zadkine, Paris
Rose, Moments artistiques Christian Aubert, Paris

Grand Hôtel et Des Palmes, Galerie Dix9, Paris

2007
Vanité et autres vidéos, Centre universitaire du Tarn-et-Garonne, Montauban
Le journal de Palerme, livre, Librairie Bookstorming, La Maison rouge, Paris

Anne Deguelle  R/R, Musée Calbet, Grisolles
Olivier, auditorium de la Maison Rouge, Paris
Un million et quarante quatrième anniversaire de l’art, avec J. Gautel, Musée Zadkine, Paris

2006
DeaR Rose, c’est la vie, Galerie départementale Sainte-Catherine, Rodez

2005
Abbey Road, Centre d’art contemporain Abbaye de Maubuisson
De l’Orientation, Saint-Clar, “Cheminements” Centre de Photographie de Lectoure

2004
X/Beuys, Musée d’art moderne Weserburg, Brême, Allemagne
Histoires-histoires, Printemps des Musées, Musée Zadkine, Paris


2003
Résidence#2, Galerie Anne Barrault, Paris
Nuit Blanche, square Boucicaut, Paris


2002
Beaucoup trop alambiqué, Villa Vincelli, Fécamp

2001
Le dernier signe de Duchamp, avec Musée Khombol et M. Jacquelin, Galerie Duchamp, Yvetot
Esta aqui, Galerie Ray Gun, Valencia, Espagne
Bains douches, Centre d’art contemporain - Galerie municipale, Vitry-sur-Seine

2000
Paris vu de ma fenêtre, Galerie Anne Barrault, Paris, Mois de la Photo à Paris
Artissima, Turin, Galerie Anne Barrault
Galerie Arnaud Lefebvre, Paris


1999
Duel, Galerie Anne Barrault, Paris
Éclipse, A.D. vous prie d’assister à, envoi postal
Position, Institut français, Breme, Allemagne
ARCO, Madrid, Galerie Ray Gun
Galerie Ray Gun, Valence, Espagne


1998
Mariages, Centre d’art Edouard Manet, Gennevilliers
...)*,et des Peintures, École des Beaux-Arts de Reims
Centre d’art contemporain, Rueil-Malmaison


1997
Artothèque de Caen
Galerie Plessis, Nantes
Ce que je dis 2 fois est vrai, FRAC Auvergne, Clermont-Ferrand


1996
Diplopies, Mois de la Photo à Paris, Galerie Isabelle Bongard
Galerie Ferran Cano, Palma de Majorque
Festival International de Photographie, Tarazona, Espagne
...Pour un réenchantement du monde, Galerie Isabelle Bongard, Paris

1995
Centre d’art “grenier du chapitre” Cahors
Galerie Ferran Cano, Barcelone
Centre d’art contemporain de Saint-Priest, Lyon
Galerie Yves Le Roux, Montréal. Bourse de séjour de l’AFAA
Galerie Plessis, Nantes
Galerie Athisma, Lyon
FIAC, Galerie Plessis


1994
Récoltes, Centre arts plastiques de Villefranche/S. et Serres horticoles de Dardilly
Histoire de galerie, Galerie Albert Benamou, Paris
Far Niente, Galerie Isabelle Bongard, Paris


1993
D’une rive l’autre, Centre Culturel,Valence
Galerie Yves Le Roux, Montréal
X/Beuys, Staten Galerie, La Haye


1992
Galerie Plessis, Nantes
Staten Galerie, La Haye


1991
Centre d'art contemporain, Castres

 

 

 

 

 

 

 

 

EXPOSITIONS COLLECTIVES

2010
Its a kind of magic !, Musée d’art moderne Weserburg, Brême, Allemagne
Dessins 2 Galerie Phal , Paris
Parcours singuliers, Théâtre de Privas, revue faire part
Salon du dessin contemporain, Caroussel du Louvre Paris, galerie Phal


2009
elles@centrepompidou, Musée national d'art moderne, Paris
Autres Rives / Autres Livres, Bibliothèque Municipale, Thionville
Galerie Serge Aboucrat, Paris

Ligne à Ligne, Galerie nationale d'Indonésie, Jacarta, commissaire Michel Nuridsany
Salon du dessin, stand Christine Phal, Paris


2008
Marché de Noël, centre d'art Le Lait, Albi et Castres
Hospitalités, sélection vidéo du réseau TRAM, projection vidéo au Musée du Jeu de Paume Paris, au Palais de Tokyo, Paris, à La Maison Rouge, Paris, aux Laboratoires d'Aubervilliers, à l'Abbaye de Maubuisson, au Domaine de Chamarande et dans les centres d'art du réseau TRAM
Archives de l'Essonne, Fête de la Science, Château de Chamarande
SLICK, stand galerie Dix9, Paris

Sur une proposition de Anne Deguelle "à n dimensions", Galerie Phal, Paris
Livres d'artistes, dans le cadre de la Biennale, Libairie Zadig, Berlin, Allemagne
Transparences,  L'Imagerie, Lannion

Bestiaire routier, Musée d'art René Quillot, Clermont-Ferrand
2007

...in a mysterious way, Espace carte blanche, Paris
Dessine-moi un, Galerie Serge Aboucrat, Paris
Rencontre #3, L’Atelier blanc, Villefranche-de-Rouergue
Rencontre #3, La Menuiserie, Rodez

Etre présent au monde, MAC / VAL, Vitry, accrochage #2 des collections permanentes
Premier salon du dessin contemporain, Paris
L'Été  photographique  de  Lectoure, centre  de  photographie, Lectoure  

Bis repetita placent, École des Beaux-Arts de Poitiers


2006
Biennale 3000 Sao Paulo, MAC, Ibirapuera Park, Sao Paulo, Brésil
les 18 ans des éditions Flilgrane, galerie Les Filles du Calvaire, Paris
Da Natureza..., Musée Serralves, Porto, Portugal
Open 20, artothèque, Caen
Flux, La Générale, Paris
Ville en vues, Biennale d’ert contemporain, Gonesse, commissaire Dominique Marchès
Territoires, Espace CE, Toulouse et Lac de Fourquevaux
Comme un mur, carte blanche à Philippe Piguet, galerie Phal, Paris


2005
Un certain regard, Galerie Édouard Manet, Gennevilliers
25 l’ACAPA fait son numéro, Artothèque, Angoulême
Cosmique City Bled, Musée Zadkine, Paris

2004
Miroir sans tain, cristal de temps, Ecole supérieure des Beaux-Arts de Cornouaille, Quimper
Cosmique bled ou des corps mobiles dans l’espace, Les Arques, Lot
Vagues 2, hommages et digressions, Musée Malraux, Le Havre
Quand on arrive en ville, collection du FRAC Basse-Normandie, 2angles Flers/Orne
le BBB reste ouvert pendant l’inventaire, BBB, Toulouse


2003
Toujours tout droit, oeuvres du FRAC Basse-Normandie, Rectorat de l’académie, Caen
Singuliers voyages, Domaine de Chamarande
Avoir 20 ans, FRAC-Musée d’Art contemporain les Abattoirs, Toulouse
Cinema(s), coll. Frac auvergne, Espace Boudeville, Dompierre-sur-Bresbe
Éditions Buyse, Centre des livres d’artiste, Saint-Yrieix-La-Perche

2002
Ars photographica, musée d’art moderne Weserburg, Brême, Allemagne
Tout doit disparaître, acquisitions de l’artothèque du Limousin, Tulle
Paris-Brooklyn, Galerie Schroeder Romero, New York
Ma maison dans ta rue, FRAC Basse-Normandie, Caen
Galerie Le Réverbère, Lyon


2001
Espaces critiques, Collection photograp. FRAC Basse-Normandie, Mücsarn Kunsthalle, Budapest
Superposition, Musée Zadkine, Paris
ARCO, Madrid, Galerie Ray Gun, Espagne
Foire de Miami, Galerie Ray Gun, Espagne
Petites poésies à usage furtif, FRAC, Clermont-Ferrand
A l’heure où le ciel se couvre de sel, Fonds d’art moderne et contemporain, Montluçon


2000
Paris 3D, Musée Carnavalet, Paris
Cinq, Château de Montfort, Vernet-La-Varenne, Auvergne
Art à l’hôtel, Galerie Ray Gun, Valence, Espagne
Mémoires provisoires, coll. FRAC Auvergne, Centre culturel V. Larbaud, Vichy

1999
Galerie François Rivier, Vevey, Suisse
Paris-Photo, Paris, galerie Anne Barrault
Demeures, Musée Zadkine, Paris
Passage du siècle, Passage de Retz, Paris
Un, deux, trois, soleil !, Donjon de Vez
L’image et ses révèlateurs, Musée Crozatier, Le Puy en Velay


1998
Entre opacité et transparence, FRAC Auvergne
Jeux de genres: Fonds d’art contemporain de la ville de Paris, Espace Electra, Paris
Nouvelles acquisitions, FRAC Basse-Normandie


1997
Potlatch pour Noël Arnaud, , Musée d’art moderne et contemporain, Toulouse
Photographies, Chapelle Marmontel, Mauriac
Odeurs ... une Odyssée. Passage de Retz, Paris
Du ciel à la terre. Musée Ingres, Montauban
Transit ou la vie en suspens, photographies contemporaines, FRAC, Clermont-Ferrand


1996
Passeurs de lumière, Musée Halle Saint-Pierre, Paris
Les pilleurs d’épaves, Künstlerhaus Bethanien, Berlin
Les pilleurs d’épaves, Kuenstlerwerkstatt Lothringerstrasse, Münich


1995
Une collection,dessins, Centre culturel, Limoges
Dessin contemporain, Musée de Valence
L’Atelier parisien, Le journal des expositions, Paris


1994
Centre d’art contemporain de Vassivière, Ile, terre, eau, ciel, Installation dans la tour
Odessa-Champclause, Musée d’histoire, Odessa , Ukraine

 
         
 

 


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commandes publiques


2004
1796 / 1999 la Porte des Écritures, Archives Départementales de l'Essonne, Château de Chamarande.


1998
A riveder le stelle, commande publique d'Etat, intervention sur pylône de télédiffusion, Felletin.

1996
La chambre des Modèles, Université Blaise Pascal, les Cézeaux, Clermont-Ferrand.

1994
La première phrase, Lycée de Saint-Priest, Lyon.


 
         
 

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textes critiques

Voir Palerme et mourir - Philippe Piguet

Un principe de concaténation règle irrésistiblement le monde de la création. Question de modélisation et/ou de réaction. Raymond était fasciné par le génie inventif de Camille dont il enviait le succès populaire. Sous le coup de la représentation d’Impressions d’Afrique, Marcel emprunta à Raymond la mécanique fondatrice de son grand oeuvre. Camille Flammarion, Raymond Roussel, Marcel Duchamp : depuis plusieurs années déjà, Anne Deguelle ne cesse de les poursuivre pour tirer de leur fréquentation matière à sa démarche.
S’il fut un temps où, pistant l’auteur de La mariée mise à nu par ses célibataires, même, elle a démontré que c’est sur le modèle structurel de l’usine de fabrication de la Bénédictine à Fécamp que Duchamp a conçu son oeuvre, en 2005 elle s’en est allée passer une dizaine de jours en Sicile sur les traces de Raymond Roussel. On le sait, c’est au «Grand Hôtel et des Palmes» de la ville de Palerme que le prodigieux écrivain a mystérieusement fini ses jours, dans la nuit du 13 au 14 juillet 1933. Le choix de Palerme, sa détermination à ne plus vouloir en revenir et sa disparition, ce sont là autant d’éléments qui n’ont jamais été vraiment élucidés. Autant d’énigmes qui fascinent Anne Deguelle, non qu’elle aspire à jouer les détectives mais parce que son art relève d’une dialectique qui conjugue réalité et fiction à un point de fusion tel que l’un justifie l’autre, et vice-versa.
Dix jours durant, Anne Deguelle a donc erré à Palerme se laissant guider bien plus par une sorte d’intuition naturelle que par tout souci de reconstitution mémorable. Si elle a passé toutefois deux nuits dans la chambre 224 du Grand Hôtel en question, si elle s’est rendue sur la plage de Mondello vraisemblablement chère à l’écrivain, si elle est allée en repérage à l’hôtel Savoia où le jeune chauffeur de Roussel était logé, elle a surtout cherché à attraper toutes sortes de signes en équivalence au monde sensible de l’auteur de Comment j’ai écrit certains de mes livres.
Sans jamais tomber dans les travers d’une « roussélâtrie » de pacotille mais en écho subtil au monde poétique et imaginaire du poète-écrivain, Anne Deguelle a emmagasiné photos et vidéos de situations et d’images y référant. Ici, le motif de l’étoile, allusion à ce petit sablé de forme étoilée que Roussel avait rapporté d’un déjeuner chez Flammarion ; là, les noms de rues évocateurs d’une planète. Ici, une longue frise de marbre dessinant au sol les signes du Zodiaque ; là, le dossier d’une chaise au dessin en éventail d’une palme stylisée. A la façon d’un Georges Perec dont le « Cahier des charges de La Vie mode d’emploi » est un véritable trésor d’outils et de repères, de relevés et de notes, de tableaux et de croquis, soulignés, encadrés, caviardés, Anne Deguelle a constitué tout un monde d’indices instruisant à sa façon sur un mode dérivé le voyage palermitain de Roussel. Son dernier voyage. Voir Palerme et mourir. Est-ce là le message de Raymond Roussel ? Si oui, quel sens lui prêter ?
Comment l’appréhender à l’aune d’une oeuvre qui est elle-même une énigme ? Quel bout de fi celle tirer pour tenter d’y voir clair ? A ces interrogations qui taraudent l’esprit de tous les exégètes de l’écrivain, Anne Deguelle n’a pas l’intention d’apporter de réponses déterminantes. Elle se contente d’alimenter par ses images – photos et vidéo délibérément mêlées - le mythe roussélien contribuant
de la sorte à édifi er l’immense palimpseste de la mémoire. A l’opposé d’un scientifi que qui s’applique à mettre à jour le fonctionnement des mécanismes de l’objet qu’il étudie, Anne Deguelle s’efforce d’élargir la part mystérieuse de l’aventure ultime de Raymond Roussel de sorte qu’elle reste à jamais en l’état, c’est-à-dire défi nitivement opaque.
Quelque chose d’une analogie rapproche Le Grand Verre de Duchamp et la disparition de Roussel. Une même sorte de mystère les entoure qui leur confère une résistance à toute épreuve. La façon dont l’artiste a conçu son oeuvre et la résistance de celle-ci à ne pas vouloir se dévoiler, sinon à conduire ceux qui s’y collent à toutes les investigations possibles, fait écho à l’énigme de « La strana morte di Raymond Roussel » (l’étrange mort de R.R.) comme le titrait encore l’article de Mauro de Mauro paru en 1966 dans L’Ora, le quotidien de Palerme, 33 ans après l’événement.
Suicide ? Overdose ? Voire assassinat ? Le débat reste ouvert, excitant la curiosité des inconditionnels de l’écrivain. Après Michel Leiris en 1949, Marcel Duchamp en 1963 (arrivant à Palerme trente ans jour pour jour après Roussel) et Jean-Michel Othoniel en 1993, Anne Deguelle a fait à son tour le voyage. Le journal qu’elle en a rapporté et les images qu’elle en a faites sont une invitation à nous
entraîner dans les dédales d’une aventure qui se nourrit de son propre mythe.

Philippe Piguet, 9 mars 2008

 


 

Texte d'Emmanuelle Lequeux paru dans le catalogue de Maubuisson "Abbey Road" en 2005.

Un jour, une pluie d’étoiles est arrivée. Par la poste. Elles étaient serrées sous enveloppe, dans une soie noire. Dispersables au moindre mouvement. Cette poudre d’argent était accompagnée, dans le courrier, de lunes et soleils grignotés, de feuilles de bleu nuit : comme pour initier un enfant doux aux jeux de l’astronomie. Responsable de l’envoi, Anne Deguelle cherchait ainsi à signer (discrètement) « la plus grande installation au monde » : la fameuse éclipse du 11 août 1999, qui devait avoir lieu quelques semaines plus tard. La signer, pour la beauté du geste, sa minimale mégalomanie…
J’ai toujours gardé précieusement cette enveloppe, et me voilà aujourd’hui à nouveau, cette poudre sous les doigts, me replongeant dans l’univers de cette artiste du ténu et de sa luminosité. Comme si, dans cette enveloppe, il y avait une clef. Autre œuvre que je tourne et retourne entre mes mains : cette petite boîte de conserve, liée à si peu de choses elle aussi (à tant de colossaux mystères), où l’artiste a enfermé 36320 neutrinos : À cette seconde, 36320 neutrinos ont traversé cette boîte, est-il écrit. Hommage amusé à l’ancêtre Pietro Manzoni, qui fit conserve, dans les années 60, de sa Merda d’artista ; mais, surtout, tentative désamorcée d’attraper le monde, dans toute sa complexité. Et de garder conscience qu’il échappe, toujours.
C’est ainsi, par l’infime, qu’il faudrait aborder le rivage de cette œuvre. En tournant autour de ses microscopiques évidences, en énumérant ses très quotidiens mystères, en estimant ses grains de sables, comme Anne Deguelle elle-même compte les noms et les neutrons, ou dresse la liste d’appel des étoiles. Le processus, que l’on retrouve d’une exposition à l’autre, a la simplicité de tout geste poétique : il consiste à égrener. Ainsi, et même si le visiteur de son exposition de Maubuisson est confronté à de vastes installations et une floraison d’histoires, qu’il ne s’y trompe pas : l’essentiel, pour l’artiste, réside dans le rien. Aussi importantes que ses propres pièces, le bruit du vent et de l’eau sur cet ample domaine ; les souvenirs qui y flottent ; le souffle des noms.
Dans l’abbaye, deux systèmes de diaporama projettent ainsi sur le grand mur de l’ancienne grange les prénoms des sœurs qui vécurent ici. Elle en a recensé 118 : Blanche, Luce, Marguerite, Agnès, Guillemette, Venturine, mais aussi Louise-Hollandine, Gabrielle-Césarine, Pétronille, Mabille ou encore Milescente. À quoi se mêlent les prénoms des contemporaines responsables du lieu, accolés à leur lieu d’origine, comme antan. En s’approchant de cette pluie de haut-parleurs qui tombent du haut plafond, le visiteur les entend ainsi égrenés par des voix d’ailleurs. À commencer par Blanche… de Castille, créatrice du lieu et mère de saint Louis. Mais aussi Christine de Nouméa ou Virginie de Belleville, les contemporaines. Le nom : un identifiant ? Ce qui fige sur place, mais aussi ce qui ouvre sur tous les imaginaires. Une marque infime, mais aussi un tout. Ce qui fabrique l’être, et ce qui parvient si mal à le suivre dans ses méandres et ses évolutions. À Vitry, en 2001, Anne Deguelle avait créé une même litanie : Rudi, Ugo, Sirine, Yasmine, ou Miguel,… Il s’agissait alors de la liste des enfants nés dans la commune en l’an 2000. Manière, encore une fois, de nous livrer les modestes pages de l’Histoire de France, tout en disant l’énigme des individus. Elle développa également cette problématique dans une intervention publique effectuée à Gennevilliers, en 1998 : arrachant de vieilles photographies de mariage aux archives de l’ancienne mairie (devenue ce centre d’art, qui l’invita à exposer), elle les découpe, y sélectionne des visages, les agrandit pour en faire des affiches, ancrant la ville dans sa mémoire négligée, redonnant aux individus ce droit de cité que leur refuse la société du marketing. Parasitage en douceur de l’espace public…
Cette attention tendre et curieuse aux visages, on la retrouve dans ses différentes séries liées à la thématique de la « jumellité », qui l’a longtemps obsédée. Anne Deguelle a ainsi réalisé toute une série de doubles portraits d’enfants, destinés à devenir hommes et femmes célèbres : Gertrude Stein, Marcel Proust, Marcel Duchamp ou James Joyce. Leurs visages (identiques ?) se retrouvent en duel, l’un confronté à l’autre, du pareil au même. « Ce que je dis deux fois est vrai », simule l’artiste. Double : similaire, simulacre, faux et vrai semblant… L’artiste se souvient toujours de ce Gérard de Nerval griffant l’incipit de son livre d’un « Je suis l’autre » ; du « Je est un autre » de Rimbaud ; elle aime, aussi, à évoquer cette coutume Yoruba, établie chez les parents qui ont perdu un jumeau : ils emmènent l’enfant survivant chez un photographe, pour en faire un double portrait qui simule le couple de bambins assis l’un à côté de l’autre. Manière d’apaiser l’esprit du disparu, d’espérer qu’il ne tentera pas de ramener le survivant auprès de lui, le mort. Formes instables et in-certaines, qui mettent en doute ce que le langage et la photographie tiennent pour évidence… On en revient à cette conscience qu’a l’artiste de la réalité : volatile comme un gaz. Opacifiée comme une gaze.
À considérer cette série de jumeaux, il serait facile d’en conclure qu’il existe deux Anne Deguelle : l’une qui vit entre les étoiles et la voie lactée ; l’autre, attentive à l’histoire sociale des lieux qui l’accueillent, à la condition ouvrière, aux destins immigrés. L’une, qui serait réflexive, nimbée de concepts, fascinée par les écrits de Raymond Roussel ; et l’autre, toute générosité, ravie de partager son travail avec les enfants d’une école de Vitry-sur-Seine. Un « duo », donc ? Cette évidence ne lui siérait guère. Est-ce son art souriant de la digression, sa capacité à cheminer en coq-à-l’âne ? Anne Deguelle réussit à concilier tous ses personnages et toutes ses passions, pour construire une œuvre harmonieuse, à l’écart des chemins tout tracés : poétique parce que sociale, et sociale parce que poétique. Elle n’a définitivement rien de double. C’est plus complexe et plus touchant : elle est recto-verso. Et livre beaucoup de ses secrets quand elle avoue, comme premier choc esthétique, la Reddition de Breda par Velasquez, au Prado. Elle avait quinze ans, elle a « alors compris ce qu’était la peinture ». L’essentiel tient dans sa description du tableau : « une bataille, deux clans, un échange et une trouée, quelque chose qui se passe, et un univers s’ouvre ». Étonnant de voir combien, dans le moindre de ses mots, l’on retrouve ce même motif : où le langage travaille sa schizophrénie certaine ; où tout se situe à cet endroit, de la déchirure.
Mais revenons à cette vieille idée fixe et stellaire… Zhiba, Denebola, Kaffa, Étamin : des étoiles, Anne Deguelle connaît tous les noms arabes ; elle sait leur électricité, leur lumière si lente à nous parvenir, et peut les dénicher jusque dans les frontispices de certains livres, comme celui où Gérard de Nerval, encore, a laissé de sa main une étoile et un oiseau en cage, signés d’un « G rare ». Une pluie d’énigmes qu’elle décortiqua un jour dans une enquête quasi-policière pour la déployer quelque temps d’exposition en exposition. Tout en jeu de renvois et de mots, elle la perpétua notamment dans un superbe accrochage à la galerie Arnaud Lefèvre en 2000 : elle y avait dessiné en installation toute une constellation de signes, avec lapsus volontaires et glissements de sens autour de l’étoile rasée sur le crâne de Marcel Duchamp, des leçons d’astronomie de Camille Flammarion, et des Impressions d’Afrique de Raymond Roussel. Étoile : ce qui donne le repère, ce qui dit le lointain… Pleine de sa poudre argentée, cette enveloppe signataire de l’éclipse de 99 livre bel et bien des indices : elle s’ouvre sur cette brèche où travaille l’artiste, faille entre le monde et son idéal, le présent et son passé. Ces entités entre lesquelles Anne Deguelle se plaît à aller et venir.
Élevée à l’art surréaliste du lapsus, experte en glissements dans sa conversation comme dans son œuvre, l’artiste aime à jouer des mots comme des signes du réel : « difficile, quand on est obsessionnelle comme moi, de ne pas voir des signes partout », s’amuse-t-elle. Son art consiste ainsi avant tout à arpenter ce « Ministère des coïncidences » qu’évoquait Marcel Duchamp, un de ses « cobayes » esthétiques préférés. Une enquête autour du Grand Verre réalisé par le maître la conduit ainsi dans une manufacture de Bénédictine du XIXe siècle. Une usine étonnante, créée par un marchand de vin qui eut la lumineuse idée de retrouver le parchemin sur lequel se trouvait la recette de l’élixir des bénédictins. De cette histoire est né ce bâtiment, à la fois usine et musée, pastiche Renaissance-Baroque dont les vitraux racontent l’épopée qui inspire Anne Deguelle. Persuadée que Duchamp a visité le lieu où travaillaient de jeunes orphelines, et que l’on en retrouve des traces dans son grand œuvre, elle construit son propre travail autour de cette présomption, à travers notamment une installation de bouteilles de Bénédictine habillées de soie blanche. « Bien sûr, je n’ai aucune preuve. Mais ce qui est bien avec Duchamp, c’est qu’on peut toujours tout réinterpréter. L’essentiel n’est pas que cela soit vrai ». Frappée encore une fois par les coïncidences, elle présente d’ailleurs cette enquête à Maubuisson : de nouveau des jeunes femmes, de nouveau une abbaye, « de nouveau du blanc, de la virginité ».
Au fil des ans, Anne Deguelle a ainsi appris à plonger dans le passé pour le lire comme une constellation de sens et multiplie les interventions dans ce domaine. Elle aime parcourir au présent le destin de grandes figures de l’art, de Beuys à Duchamp, « histoire de comprendre comment on refaçonne l’histoire » – c’est ainsi que, de 1986 à 1996, elle enregistre d’année en année le passage du temps sur la nécrologie de Beuys arrachée à un Libération, son jaunissement progressif –. Elle aime, surtout, travailler au corps le lieu qui l’invite : nourrie d’in situ, elle ne peut se détacher des réalités qui l’accueillent, les occulter, les refuser. Au contraire elles infusent son travail, elles lui donnent énergie, elles lui construisent un inconscient. Poétique archéologie qui dit autant de nos temps présents que de leur passé. Au château de Chamarande, où elle était invitée en 2003 pour l’exposition Singuliers voyages, elle fait resurgir la figure de l’un de ses propriétaires, créateur du Bon Marché, Antoine Boucicaut. Fouillant dans Zola et son Bonheur des Dames, mais cherchant aussi les résonances contemporaines de ce passé, elle tente d’évoquer « cette grande épopée bourgeoise, commerçante, dont on vit aujourd’hui la queue de comète ». Quelques mois plus tard, à l’occasion d’une commande publique (à laquelle furent également présélectionnés Philippe Ramette et Felice Varini), elle sort des écrits quasi-illisibles des cartons des archives de l’Essonne : quelques mots de Cocteau, mais aussi des actes du XVIIe siècle, sorte de contrats passés avec les enfants pris en apprentissage. Ouvrant le lieu, au sens propre, par une grande porte transparente, elle y fait graver sur le verre ces écritures manuscrites qu’elle a découvertes.
Ni hasard ni coïncidence, l’artiste a utilisé un processus similaire pour Maubuisson. Demandant pour l’exposition à ouvrir le hall de l’abbaye, pour le rendre littéralement « traversant » en en modifiant l’architecture, elle y retrace le parcours RER qui la mène de Paris à Maubuisson. Toujours cette histoire du passage d’un univers à l’autre, toujours cette histoire de brèche, de palpitation, de respiration… Car c’est bien ce double mouvement que l’on retrouve au fil de ses installations de Maubuisson : inspiration, expiration. Comment se nourrir du monde et de ses histoires, comment l’oublier ?
E tant données : 1, les ruines d’une ancienne abbaye cistercienne bâtie au XIIIe siècle ; 2, un détail important ; c’est à cette même époque que le Purgatoire fut inventé. Nécessité pour l’Église de renouveler ses protocoles post-mortem ? Désir d’un brin d’espoir ? Réaction contre la dramatisation apocalyptique ? Adoucissement de la doctrine ? Peu importe. Lieu de l’entre-deux, le Purgatoire est alors décrété, avant même que le Concile de Trente ne renforce la présomption de son existence au XVIe siècle. La coïncidence n’a pas échappé à Anne Deguelle. Remontant jusqu’au Moyen Âge pour comprendre le monument où elle est invitée, elle découvre une abbaye destinée à recevoir et héberger de jeunes femmes fortunées destinées à prier, toute leur vie durant, pour aider les âmes enfermées dans le Purgatoire à en sortir.
D’emblée séparées du monde, elles vivaient sous la règle édictée par saint Benoît, ensuite durcie à Cîteaux afin de mettre ses adeptes et ces lieux définitivement hors de toute influence extérieure. Jusqu’au système hydraulique, extrêmement sophistiqué, tout a été pensé pour s’offrir l’autarcie, éviter la maladie, faciliter l’hygiène parfaite, l’alimentation. Bref, se couper du monde. Jusqu’à aujourd’hui, constate l’artiste, le lieu demeure un « îlot protégé de la modernité, coincé entre trois voies SNCF ». Une abbaye comme une sorte de paradis ? Resterait l’enfer de la réalité ? « Mais comment pouvaient-elles ainsi être en dehors du monde ? » s’interroge l’artiste. C’est une étrangeté complète : de quoi étaient faites ces existences, de quoi se nourrissaient-elles ?
Cette question, Anne Deguelle la travaille au fil de toute l’exposition. S’éloigner du monde, ou y demeurer ? S’en offrir la tentative, pour aussitôt revenir à son impossibilité. N’est-ce pas ce que dit tout simplement cet effet d’affolement qui s’empare de la caméra, dilatation et rétraction, quand elle tente de saisir l’éclipse solaire de 1999, qui tantôt apparaît dans toute sa parfaite rondeur, tantôt comme une simple tâche floue ? Comment demeurer, comme ce nénuphar qu’elle filme en guise de Vanité, vierge et immaculé – car, même plongée dans l’encre, cette fleur garde sa blancheur intacte : insensible, protégée – ? C’est parce qu’il est impossible d’échapper à la rumeur du monde que la pièce Au Mitan du lit, datant de 1995 et radicalement modifiée en 2003 aux Abattoirs de Toulouse dans l’exposition Les 20 ans des Fracs, est présentée sous cette forme à Maubuisson. Au départ, une œuvre très contemplative : comme un ciel tombé, un réseau électrique d’étoiles, protégées par un baldaquin translucide. Plus le visiteur s’approche, plus la vision devient trouble et imprécise. Pièce éthérée, évanescente, en référence à la Camera dei sposi de Mantoue mais aussi, bien sûr, « aux astrophysiciens qui disent que le réel ne peut être que voilé : il échappe toujours » ; et, surtout, une chambre, c’est-à-dire une camera – ce qui capte. Anne Deguelle y a donc placé, comme une obligation intime, un moniteur diffusant des images du 11 septembre, filmées à même la télévision, au ralenti. « On y voit le commentateur comme entre le sommeil et le plaisir, c’est très étonnant, raconte-t-elle. La pièce, dans son microcosme, était tellement indépendante, j’avais envie d’y faire passer les captations des bruits du monde. Tout comme dans les cloîtres, la rumeur du monde devait bien finir par arriver ». « L’abbaye qui abrite aujourd’hui l’exposition a d’ailleurs été détruite à la Révolution Française », rappelle-t-elle, comme pour renforcer ses dires.
Il ne faut donc voir aucun hasard, ni aucune frivolité, dans cette obsession que nourrit ici l’artiste pour l’eau et le vent. Forces de transition et de réconciliation, appels à la perméabilité, ils traversent le domaine comme ils traversent ses œuvres, charriant tout ensemble les humeurs de l’histoire et le désir de pureté, à la fois objectifs et idéaux : comme une musique – là encore, le titre de l’exposition, Abbey road, peut se lire davantage que comme un jeu de mots –. L’eau ne parvient peut-être pas à pénétrer le nénuphar. Certes. Mais elle sait le noyer.

1-Informations fournies à l’artiste par Liliane Durand-Dessert.


Emmanuelle Lequeux

 


 

Texte d'Éric Suchère paru dans le catalogue Déduction en 1998.

Anne Deguelle, déduction

Définition sommaire ou tentative d'encerclement
Je l'ai déjà dit ailieurs, mais il est parfois bon et nécessaire de se répéter, Annee Deguelle, quoiqu'elle ait montré beaucoup de photographies n'est pas photographe. Elle fait de la peinture mais n'est pas peintre. Elle fait des installations mais n'est pas... donc, quoi ? Il lui est arrivé de faire, également, des vidéos, de l'horticulture, d'écrire, de faire du son. Certains appelleraient ça une "touche à tout", "une artiste éclectique", d'autres penseraient à l'instabilité chronique, on pourrait arguer de la peur de se laisser enfermer dans des catégories et elle aurait bien raison puisque je tente, ici, une tentative d'encerclement. Donc, elle n'est pas ceci ou cela mois il fout bien qu'elle soit, en dehors de ce ni ni.,., quelque part
J'affirmerais qu'elle est artiste, avec cela l'affaire seroit réglée. Soit, dont acte, mais artiste de quel bord ? Pas artiste moderne, l'artiste moderne est celui qui tendrait vers l'homogénéité du discours et qui mettrait le discours dons le médium. J'entends bien qu'il y ai des trublions mois, soit ils n'ont pas été vus, soit ils ont souhaité la disparition même de l'art. Je pense pour la première catégorie à quelqu'un comme Schwitters, pour la deuxième aux artistes du groupe Fluxus. Quand ces derniers veulent en finir avec l'art, c'est, justement, ce qu'ils font, ils mettent en place des pratiques hétérogènes et vont sur les marges, les bords, voir d'autres médiums que le leur et tentent de les brasser, Cage, le premier. Et, bien que je devine une certaine sensibilité à Cage, je ne crois pas qu'Anne Deguelle veuille en finir avec l'art.
Donc, reprenons au risque d'émettre des lectures rapides ou abusives. Anne Deguelle fait partie de ces artistes - pure formule, elle ne fait partie de rien - pour lesquels I'œuvre ne s'épuise pas dans sa forme. On objectera que c'est le cas de tous les bons artistes donc je reprends. Anne Deguelle est une artiste qui se préoccupe de la forme, qui met en forme mais qui ne met pas en forme la forme elle même afin d'en dégager une poétique comme cela pourrait être le cas de Barnett Newman ou, d'une manière plus évidente, de Donald Judd.
Chez elle, la mise en forme est instable ou cette mise en forme rend instable la notion de mise en forme elle-même. Ses peintures sont-elles réellement des peintures quoique ayant des problématiques picturales ? Ses photographies ont, peut-être, des problématiques photographiques ou bien des problématiques picturales mais, après tout, cela importe peu ou, si cela importe, c'est parce que cette assertion me permet d'affirmer que dire que ces photographies ont une problématique picturale est vouloir enfermer cette pratique dans une problématique formelle - j'emploie le terme formel plutôt que formaliste, celui-ci étant trop connoté - dont ce travail n'a que faire. Ces photographies ne sont pas picturales non parce qu'elles n'ont pas de qualités picturales mais parce que le pictural n'est pas leur fond, ni même le photographique, il y est par accident.Peut-être que la chose n'est pas nouvelle si l'on se souvient d'une exposition intitulée : "Quand les attitudes deviennent formes". Peut-être ne s'agit-il pas tant de supposer que ce qui compterait serait l'attitude, la posture et que la forme la révélerait, en ferait l'épiphanie, ni, finalement, que cela aboutirait à une forme - bien que l'on puisse trouver une certaine proximité avec le travail de Bruce Nauman qui participerait à cette exposition.J'en viens au fond bien que la définition par exclusion soit tentante. Anne Deguelle travaille sur le regardeur et sur le langage. Je dis, j'écris, cela mois j'avoue que je n'en sais rien.La forme, dons les œuvres d'Anne Deguelle, est rendue instable par le langage et par le regardeur. Instable comme on pourrait le dire d'un gaz, instable m'amenant à volatile. Le texte, le langage, s'installe entre le regardeur et l'image afin de le faire douter de ce qu'il tient pour une évidence : l'image. Le langage s'instale entre le spectacteur et l'œuvre afin de mettre en doute ce qu'il tient, généralement, pour une évidence : le réel. Le spectateur s'intercale entre l'œuvre et le réel et peut douter, alors, de ce qu'il voit. Réplique, double, similaire, identique, invention, imitation, écart, réel, langage, reste à ajouter: similaiire, semblable et, surtout, vérité ; il me semble qu'il y a là, un lexique propre à rendre compte de ce que JE vois


Le langage s'installe entre le regardeur et l'image afin de le faire douter de ce qu'il tient pour une évidence: l'image , c'est-à-dire le réel.Pour nous, le photographique est le réel et nous tenons le réel pour vrai. Le réel (ou nature) est l'ensemble, des choses dont on ne peut douter, il en va de même pour le photographique. La photographie, sauf rares cas, véhicule une image, l'image est une évidence. Anne Deguelle en marge des Diplopies, écrit: "Ce que je dis deux fois est vrai". Non pas ce que je vois mais ce que je dis. En doublant le réel par une photographie et en redoublant la photographie par une autre, l'image accuse ses dissemblances dans le même. L'identique ne semble pas semblable, tout au plus simillaire. Je ne peux voir deux fois sans douter. Le langage peut récupérer ou accuser cette perte. Mais, quand je dis deux fois qu'est-ce que je dis la deuxième fois de plus et la première fois de moins ou la deuxième fois de moins et la première fois de plus. Le langage nous fait ainsi, douter du redoublement comme preuve irréfutable du réel, c'est-à-dire de Ia vérité des choses . La photographie ne dit jamais le même dans le redoublement, elle dit l'écart, ni plus, ni moins et il est à douter que l'écart manifeste le vrai. En faisant référence, par cette phrase, à Lewis Caroll, Anne Deguelle fait référence au nonsens qui n'est pas l'absence de sens, comme une traduction trop hâtive pourrait le laisser penser, mais un excès de sens. Cet excès ne tient que dans le langage qui seul peut redoubler en augmentant le sens.Dons les Indices et Modèles, le langage dirige la lecture de l'image - le terme lecture est, ici, intéressant - sur une déréalisation de l'image. Ainsi, une image de la foudre frappant la Tour Eiffel est-elle accolée à une étiquette indiquant : "Coup de foudre" qui fait de l'image une métaphore de l'amour et l'indice, déviation d'une phrase scientifique : "Le roi Lear low energy antiproton ring", introduit à un réseau d'interprétations littéraires (de Shakespeare à Wagner) mettant en scène une énigme. Énigme redoublée par la présence, dons une même phrase, du français et de l'anglais. À moins que le texte ne soit pas une légende mais que la photographie soit le commentaire du texte.
Le spectoteur s'intercole entre l'œuvre et le réel et peut douter alors, de ce qu'il voit.Dans les peintures, la surface réfléchissante qui s'interpose entre le spectateur et la couche de pigment fait du tableau un miroir, du monochrome un portrait. "De sorte que, dit Merlau-Ponty, le voyant étant pris dans ce qu'il voit, c'est encore lui même qu'il voit (1) ", ni l'œuvre, ni le réel, en tant que regardant l'œuvre, il n'est plus réel. Il procède à sa propre duplication, il opère son propre redoublement et se dédouble puisqu'il est, alors, regardé par les choses.
Cette présence du doute peut-être plus directe dans les Doubles-Portraits puisque le spectateur non seulement ne voit jamais le même mais que, regardant, par exemple, le visage de Proust enfant, je cherche, non seulement, ce qui le rattache au visage de l'adulte qu'il deviendra et que je connais mois, aussi, à ce qui le rattache, dons son regard, son expression, à ce que seront les caractères de son oeuvre, cette oeuvre qu'il n'a pas faite.
Ce redoublement peut, également, prendre la figure du mimesis, quand l'artiste, reproduit, un fragment du réel à l'échelle et place celui-ci en face de son modèle. Nous ne sommes en rien les oiseaux de Zeuxis se laissant abuser par les grains de raisins peints mois il reste qu'en voyant de fragment décollé, plat, pure surface, que nous ne pouvons que douter, nous défier de l'un et de l'autre qui se confondent, un instant, dons ce trouble, puisque nous sommes, entre l'un et l'autre, obligés de choisir, donc d'accuser les différences dans ce qui ne devrait pas en manifester.

Tout cela incite à penser que l'œuvre est une imitation du réel et son invention, elle oscille entre l'un et l'autre quiconque croyant qu'elle imite est dans le mensonge, quiconque croyant qu'elle invente est dans l'illusion autant sur la nature du réel que sur celle de l'œuvre. Le langage est une imitation et une invention du réel, c'est pour cela qu'il est un double de l'œuvre, ce double manifeste un écart similaire à celui existant entre l'image et le réel, entre le langage et l'image, entre l'œuvre et le regardeur, ce dernier et le réel.


1- Maurice Merlau-Ponty, Le visible et l'invisible, Paris, Gallimard, 1964, p.268.0

Éric Suchère

 


 

Texte de Jacques Roubaud, déduction d'étoiles doubles, 1996

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entretiens

Entretien avec Anne Deguelle par Caroline Coll-Seror


CCS : - Le titre de l’exposition que vous présentez à l’abbaye de Maubuisson : Abbey Road renvoie bien entendu au lieu lui-même mais aussi à la notion d’un cheminement…

AD : - Depuis que je crée des pièces – cela fait une vingtaine d’années -, mes œuvres ont toujours travaillé la question du lieu où elles sont présentées. Le titre Abbey Road s’est imposé subitement à moi et il faut le prendre dans sa littéralité.
Il fait aussi allusion à la pièce du même nom présentée dans l’exposition, au cœur de l’abbaye. Une quarantaine d’images restitue mes déplacements en RER entre mon atelier parisien et cet autre atelier temporaire qu’est l’abbaye. Ces images souvent contrastées, « collées » les unes aux autres enregistrent les variations de l’espace péri-urbain. Au-delà du Paris « carte postale », elles mettent à plat l’évolution du paysage urbain, ses hésitations, son va-et-vient entre urbanisme et campagne. Elles enregistrent aussi le changement des saisons.
Cette notion de déplacement dans le temps - et pas seulement dans l’espace - renvoie également à mon propre cheminement. L’exposition présente des pièces réalisées à dix années d’intervalle et démontre cette obstination à prendre en compte une interrogation sur les lieux d’exposition comme raccourci d’une interrogation plus vaste sur les systèmes ou les mécanismes de notre monde.
Abbey Road fait enfin référence à un album des Beatles devenu classique qui désignait lui aussi un atelier de travail : le studio d’enregistrement du même nom situé au n° 3 de abbey road. Le cheminement vers l’abbaye est aussi cheminement d’un atelier à l’autre…

CCS : - L’exposition se développe autour de trois thèmes : l’eau, le ciel, le féminin. Qu’est-ce qui a motivé ces choix ?

AD : - La forte présence de l’eau sur le site de l’abbaye et l’effet de saisissement éprouvé lors de ma première visite ont indéniablement infléchi ce choix. L’eau conduit le visiteur dès son entrée sur le domaine, elle l’accompagne sans relâche jusqu’à l’abbaye en un cheminement visuel et sonore alternant apparition et disparition jusqu’à s’engouffrer mystèrieusement sous les murs du bâti. Mais je ne savais rien alors des nécessités sophistiquées que cela impliquait…
Le ciel s’impose comme corollaire de l’eau et du cloître. Il se reflète dans les miroirs d’eau, sa géométrie dessine celle du carré du cloître qui, même s’il n’est plus visible aujourd’hui, n’en finit pas de nourrir notre préhension de ce passé. Le dialogue sous-jacent entre microcosme et macrocosme n’est pas si éloigné du questionnement contemporain des astrophysiciens autour de la mystèrieuse masse manquante de l’univers.
La documentation disponible sur l’histoire du site révèle qu’il s’agissait d’une abbaye de femmes. J’ai découvert l’importance de cette représentation féminine dans le monachisme. Le féminin agit comme une présence obstinée dans ces lieux avec en pointillé l’idée de quelque chose à sauver.
Il y a eu d’abord ces très jeunes femmes, issues de la noblesse et apportant une dot conséquente qui s’engagent dans cette vie de clôture jusqu’à leur mort. Que venaient-elles y faire ? A une époque où apparaît l’idée du purgatoire et où la notion de salut revêt une grande importance, les moniales étaient des intermédiaires, elles intervenaient comme médiateurs pour les autres. Ces cinq siècles d’occupation féminine et cistercienne sont placés sous le signe du sauvetage des âmes.
Après quelques désordres, lorsque les femmes réapparaissent à la fin du XIXème siècle, c’est encore avec le souci de sauver…les restes de l’abbaye. Aujourd’hui, les femmes encore animent ce lieu culturel, ce qui pose un nouveau questionnement et l’idée d’une autre forme de sauvetage.

CCS : - Comment ces thèmes se relient-ils les uns aux autres ? Y a-t-il un dénominateur commun ?

AD : - La lumière comme élément physique et, par effet de conséquence, spirituel, sert de fil conducteur.
Sans lumière, il n’y a ni couleur, ni peinture, ni monde. Cette lumière blanche est tout à la fois le moyen de notre connaissance et la condition de notre aveuglement. Car en réalité, nous sommes dans un noir profond, le soleil ne nous éclaire pas, il nous aveugle. Les éclipses sont intéressantes à ce propos, c’est pourquoi l’une d’elle ouvre l’exposition dans la grange aux dîmes.
Dans mon travail, il y a beaucoup de photographies et de projections lumineuses. Ces médiums sont présents dans l’exposition, ils agissent aussi comme métaphores de notre connaissance de l’univers. Le fait d’arrêter les photons conditionne l’apparition des images.
Installations, vidéos…, le blanc sera présent tout le long du parcours. On peut aussi percevoir cette présence comme une mise en boucle de la création de l’abbaye due à … Blanche de Castille.

CCS : - Photographies, vidéos, environnements, projections lumineuses, œuvres sonores… Comment comprendre la multiplicité des pratiques auxquelles vous recourrez ? Champ de recherches sur « l’image » ou moyens d’explorer les signes du réel ?

AD : - Tout d’abord tous ces moyens sont à la disposition de tous les artistes et bien d’autres sont à notre disposition, ce ne sont que des médiums. Personnellement je ne me définis ni comme photographe, ni comme vidéaste ou cinéaste, Toutefois, comme nous venons de l’évoquer, j’ai une prédilection pour tout ce qui touche la lumière, projection et éléments lumineux, lampes, néon etc. et la photographie dans sa forme traditionnelle est encore un enregistrement de la trace des photons dans l’espace.
Il y a ensuite. un souci d’incorporer le spectateur au centre du travail, par sa présence et ses déplacements dans ou autour de l’œuvre. Nous ne sommes plus depuis longtemps dans un rapport centré, frontal et idéal – l’œil du Prince -, nous évoluons au contraire dans l’univers de la fragmentation. Les installations permettent les déplacements et une approche fragmentaire de l’œuvre. Il devient acceptable de voir un moment de l’œuvre, sa vision ou son expérimentation parcellaire ne sont pas forcément une trahison mais s’apparentent au moment, et il y a beaucoup de moments possibles.

CCS : - Nombre d’œuvres présentées à l’abbaye ne peuvent-elles à la fois être perçues comme des témoignages – rendant compte d’un événement, d’un vécu ou encore d’une réalité sociale – et comme des images agissant poétiquement ? Comment articulez-vous ces deux aspects ?

AD : - Ma démarche prend appui sur deux nécessités. Le lieu qui intervient dans l’œuvre est d’abord lieu commun. Je l’entends à la fois comme territoire partagé et fondement d’un raisonnement. Dans la rhétorique du XVIIIème siècle, le lieu commun est, dans un discours complexe, l’articulation qui permet à tous de se retrouver. Il s’agit donc de pointer ce qui est là, simplement de l’éclairer et le seul fait de l’éclairer induit une sorte de ré enchantement. Il s’agirait donc d’une tentative de ré enchantement du monde. Ce ré enchantement traverse les œuvres d’art, cela nous le savons par expérimentation, mais il traverse aussi une parole ou un témoignage dit plus « quotidien ». La poésie n’est donc pas de mon fait, elle est présente en jachère.
Le travail de l’artiste n’est au mieux qu’un révélateur intuitif. J’assemble des éléments épars pour tenter d’en faire quelque chose de juste, notamment par rapport au lieu d’exposition, et quelque chose qui existe en soi.

CCS : - Quels rôles attribuez-vous à l’histoire et à la mémoire dans cette approche des lieux ?

AD : - L’histoire est un moyen, un outil pour décrypter mais elle est temporaire, sujette à variations suivant les préoccupations successives des époques. On parle alors de ré interprétation, de relecture. Il s’agit en quelque sorte de refaire le cheminement à l’envers, comprendre pourquoi telle version a été retenue plutôt que telle autre.
La mémoire implique une idée plus collective et plus poétique. Ce qui est encore plus troublant, ce sont les oublis, les amnésies, le manque. La fabrique de la mémoire comprend cet entrelacs des deux : il faut oublier pour mémoriser. Pour citer Jacques Roubaud1 : « c’est l’image de l’hésitation des étoiles à briller dans un ciel de mémoire ».

CCS : - Quel(s) rapport(s) cette mémoire entretient-elle avec le présent ?

Un souci constant puisque c’est la mémoire qui crée notre présent, qui l’engendre et le nourrit, réactivé ou réactif. Le déchiffrage de notre présent encore plus énigmatique que le passé, transite par la mémoire.

1. Jacques Roubaud, “Anne Deguelle. Déduction d’étoiles doubles”, die Raüber des Strandguts / les pilleurs d’épaves. Single Verlag, Berlin, 1998.

 
         
 

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bibliographie

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2009

Ossip’studio, Musée Zadkine, texte de Noëlle Chabert, éd. Paris musées, p. 12,15-16, 20, 61-62-63
Faire part 2009, revue littéraire, photographies pour Nicolas Pesquès

2008
Philippe Piguet, in Photographie nouvelle, "Mourir à Palerme" extrait, mai-juin, p.29
Claire Guillot in Le Monde, "Anne Deguelle, Galerie Dix9", 10 mai, p.21
Bénédicte Philippe in Télérama Sortir, "Grand Hôtel et des Palmes", 11 juin, p.27
Valérie de Maulmin in Connaissance des Arts, "la quadrature du cercle", juillet-août, p.144
L'Art à ciel ouvert, commandes publiques en France 1983/2007, éd. Flammarion, p.89, 236
L'art contemporain dans les espaces publics, Territoire du Grand Lyon 1978/2008, éd. La BF15, p.26, 190, 227
Semaines n°09, éditions Analogues Semaine 46.07, Anne Deguelle R/R, Musée Calbet 
Epreuves du Mystère, éd. Ereme,  ouvrage collectif avec Jean-Michel Alberola, Pierre Buraglio,  Philippe Cognée,  Marc Couturier, Anne Deguelle, Sylvain Dubuisson,  Yazib Oulab, Emmanuel Saulnier, Raphaël Thierry, Arnulf Rainer, Bill Viola, Simon Hantaï, Carole Benzaken

2007

Catherine Huber in Flashebdo,Deguelle,Roussel,Duchamp et les autres, p.6, 21novembre
Parcours #2, catalogue, Collection du Musée d'art contemporain du MAC/VAL
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Semaine 46.07, “Anne Deguelle R/R, Musée Calbet Grisolles”, édition Analogues
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Semaine 31.07, “Hospitalités Genius Loci, Musée Zadkine Paris”, édition Analogues, p.1-2
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1999
Geneviève Breerette, in Le Monde, “Images incertaines,..” 17-18 octobre, p.30
Nicolas Juillard, in Le Temps (Suisse), “A. Deguelle se joue des reflets”, 22 octobre
Philippe Régnier, in Le journal des Arts, “Que voir en Suisse, une sélection d’expositions”, n°91, 22.10, p.19
Véronique Bouruet-Aubertot, in Beaux-Arts Magazine, “Expos, le tour des galeries”, novembre p. 44
Emmanuelle Lequeux, in Aden, “A. Deguelle, galerie A. Barrault”, 3-9 novembre
Fabienne Fulchéri, in Technikart, “expos”, octobre, p.119
Emmanuelle Lequeux, in Aden, “Paris-photo” , 17-23 novembre, p. 31
Réflexion, texte Nicolas Pesquès, oeuvres A. Deguelle, éditions du Limon, juin
Michel Menu, in catalogue Demeures, Musée Zadkine, Paris, juin
Guy Schraenen, in plaquette Anne Deguelle, Position 53°4’26”N, 8°49’8”E, avril, Institut Français, Breme
Luc Vezin, in Beaux-arts Magazine, “Demeures d’artistes”, septembre p. 38
Yves Jaeglé, in l’Express, “Libres demeures”, 19 aôut, p. 32
Laurent Rohr, in Un, deux, quatre, “Entre opacité et transparence”, janvier, n°177
Eva Teixidor Aranegui, in Levante “Anne Deguelle, la imagen duplicada”, 15 janvier, Valencia

1998
Ruben Ponsoda Toro, in The interactive factory, “Anne Deguelle, estrellas dobles”, 30 décembre, Valencia
A. Dagbert, in Artpress, “Anne Deguelle, Gennevilliers”, juillet, p.VIII
Gennevilliers magazine,”la mémoire à l’épreuve, Galerie E. Manet”, n°75, mai, p.26
Noëlle Tsapas, in La voix populaire, Gennevilliers, “les gennevillois s’affichent”, n°2223, 6-12 mai
Noëlle Tsapas, in La voix populaire, Gennevilliers, “Photos à l’affiche”, n°2224, 13-19 mai
Art press, hors série 19, spécial Techno, “a riveder le stelle”, p. 178
C. Cazalé, in Cargo, “Anne Deguelle, rumeur d’amour”, printemps-été
J. Lingaard, in Aden, “Anne Deguelle, Gennevilliers”, 13-19 mai
La Montagne, “à Felletin, pylône en habit de lumière”, 14 juillet
Le Journal des Expositions, “Envoi: Anne Deguelle”, mai-juin
M. Ernoult-Gandouet, in L’Oeil, ”Anne Deguelle, artothèque de Caen”, janvier
Christian Gattinoni, in Arts croisés, “Pulsions,images et légendes”, fèvrier-mars
Eric Suchère, in catalogue Les pilleurs d’épaves, édition Single Verlag, Berlin
Jacques Roubaud, in catalogue ,, ,, “Anne Deguelle, déduction d’étoiles doubles”
M. Ernoult-Gandouet,in L’Oeil, ”Anne Deguelle, artothèque de Caen”, janvier

1997
E. Suchère,L. Durand-Dessert,J. Roubaud,in catalogue A.Deguelle, déduction, éd.Caen Gennevilliers Rueil
H. Mikaeloff, in catalogue Produire Créer Collectionner, Caisse des dépôts et Consignations, éd. Hazan
J.C. Vergne, in le journal de l’exposition, n°3, “interview Anne Deguelle”, FRAC Auvergne, septembre
X. Alexandre, in Ouest-France,”Les étoiles doubles d’Anne Deguelle”, 13 décembre
in La Montagne, “la vérité photographique et son double”, 17 septembre
F. Maillet, in Beaux-Arts, “Odeurs de l’art”, Août
J. Caumont, in journal de l’exposition Odeurs, une Odyssée, Passage de Retz, Paris, Juillet
F. Viguier, in catalogue Du ciel à la terre, Musée Ingres, Montauban, juin

1996
Éric Suchère, in plaquette Anne Deguelle,diplopies, Galerie Isabelle Bongard, Paris, octobre
Elisabeth Védrenne, in Beaux-Arts, “le mois de la photo”, novembre
Exposhopping, in Technikart, novembre
Jacques Jouet, in catalogue Passeurs de lumière, Paris, “Anne Deguelle”
Jacques Roubaud, in catalogue Les pilleurs d’épaves, Berlin, “Anne Deguelle, déduction d’étoiles doubles”
Jörk Rothanel, in Neue bildende kunst, “ Die raüber des strandguts”, octobre
Biel Amer, in Diario de Mallorca, Espagne, “los trucos de la memoria”, 9 fèvrier
Stéphane Doré, in Le journal des expositions, “Anne Deguelle, galerie I. Bongard, Paris”, mai-juin
J.B. Para, in Europe, “semer le trouble et les étoiles, Anne Deguelle”, mai
Johanna Drucker, in The journal of artists’ books, “Ephemeral as thougt, Sixtus Editions”, printemps
Philippe Piguet in l’Oeil, “ateliers d’artistes”, mai-juin

1995
Caisse des dépôts et Consignations,in catalogueCarnet d’un mécène n°6, “A. Deguelle,dans le mitan du lit”
Exporama, in Art press, n° 208, décembre
Exposition en revue, n°4, automne, “Anne Deguelle”, p.164
Catalina Serra, in El Pais, Espagne,”El otro lado”, 13 novembre
Nicolas Pesquès, in catalogue Anne Deguelle, Cahors, novembre
Philippe Piguet, in l’Oeil, “Anne Deguelle”, juin
Une collection, catalogue, Centre culturel, Limoges
Marielle Ernould-Gandouet, in l’Oeil, “Anne Deguelle”, janvier-fèvrier
Marie-Michèle Cron, in Le Devoir,Canada, “voyages divers”, 25 fèvrier

1994
Emmanuelle Gall, entretien, in Le Journal des Expositions, fèvrier
Mo Gourmelon, in Beaux-Arts, “Les doubles d’Anne Deguelle”, mars
Luc Vezin, in InfoMatin, “Vassivière, une nature pleine d’artifices”, 11 mars
Michel Nuridsany, in Le Figaro, “Cinq artistes dans une île dont Anne Deguelle aussi à Paris”, 29 mars
Anne Dagbert, in El Guia, ”île,terre,eau,ciel”, avril
“X/Beuys”, in catalogue Joseph Beuys, édition Centre Georges Pompidou, Paris
Pierre Giquel, in catalogue “île, terre, eau, ciel”, Centre d’art contemporain de Vassivière
Exporama, in Art press, n° 191, mai
Claire Peillod, in catalogue Récoltes, Centre d’arts plastiques de Villefranche
Patrick Beurard, in catalogue Anne Deguelle, commande publique Lycée de Saint-Priest

1993
Anne Dagbert, in Anne Deguelle, plaquette d’exposition Galerie Yves Le Roux, Montréal
René Viau, in La Vie des Arts, “Anne Deguelle, la vérité et son double”, Canada, septembre
Valérie Lamontagne, “photo opportunity”, in Hourr, 2-8 septembre
Marie-Michèle Cron, in Le Devoir, ”Ces espaces qui s’incarnent aussi”,25 septembre
Stéphane Aquin, in Voir, “Anne Deguelle”, 16-22 septembre
Chrystèle Burgard, in catalogue d’une rive l’autre, entretien avec Anne Deguelle, Valence
Chrystèle Burgard,Danièle Vilas-Lortholary,in A propos de n°14, “d’une rive l’autre,A. Deguelle”

1992
Pierre Giquel, in Art press, n° 167, mars
Pierre Giquel, in Artefactum, n° 43, avril-mai
"Fundamental achter glas", Cees van der Geer, in Haagshe Courant, La Haye, avril

1991
Hervé Gauville, in Libération,11 avril, “Anne Deguelle à Castres"
Philippe Piguet, in La Croix, 21/22 avril
Anne-Christine Dray, in Regard Expo,"Anne Deguelle, histoire de galerie", mai
Philippe Piguet, in L'Œil, "Castres et Paris, Anne Deguelle",mai
Bruno Jaubert, in Gazette Drouot, 3 mai
Daniel Dobbels, Stéphane Carrayrou,catalogue Anne Deguelle, Centre d'Art Contemporain de Castres
Luc Vézin, catalogue Anne Deguelle, Galerie d'Art et Essai, Paris
Rubrique "Expos", Françoise Bataillon, in Beaux Arts Magazine, mai
Rubrique "À ne pas manquer", Luc Vezin, in Glamour, mai
"Anne Deguelle, perturber l'image", Françoise Sieffert, in Artension, mai

1990
Anne Dagbert, in Art press, “ A. Deguelle, Crédit Local de France”, n° 145, mars
"Approche d'un monde blanc", Stéphane Carrayrou, in Kanal, n° 7, octobre
Catalogue du 35e Salon de Montrouge
"Un collectionneur d'art contemporain", Chrystèle Burgard, in À propos de..., n° 4
"Galeries lyonnaises", Ainardi-Argence, in Art press, n° 143, janvier
“Le fil à plomb”, Pierre Buraglio, in Nioques, éditions La Sétérée

1989
"En travers de la gorge", Sylvie Reymond-Lépine, in dossier Galerie du Génie, FIAC 89, Paris
Catalogue de la 1ère Biennale de Cannes

1988
"L'enfer, le paradis,etc”, Joël Benzakin, in catalogue Octobre des Arts, Musée d’Art contemporain, Lyon
"Inferno (drame)", Jacques Jouet, in Limon, n° 3, novembre
"Anne Deguelle", Philippe Carteron, in Le Nouvel Observateur, 20 mai
"Anne Deguelle voit l'enfer en bleu", Pierre Fayolle, in Le Dauphiné Libéré, 22 août
"Anne Deguelle ou l'espace intérieur", Valérie Cavallo, in catalogue Anne Deguelle, Galerie
Lydie Rekow, éditions du limon, octobre
"Lyon, Octobre des Arts", in Beaux Arts Magazine, n° 61, octobre

1987
"Anne Deguelle", Sylvain Dubois, in catalogue d'exposition, n° 5, C.A.C., Grignan, février
"L'œil du monde", Annie Comet-Doloy, in Le Dauphiné Libéré, 27 mars
"Corps à Corps à la M.A.P.R.A.", Hauviette Bethemont, in Libération-Lyon, 30 mai
"Marelle", Nelly Colin, in Figaro-Lyon, 26 mai
"Des nuées de nus", in Le Progrès, 8 juin
"Valeurs régionales à l'Elac", Bernadette Bost, in Le Monde, 11 juin

1986
"Anne Deguelle, une œuvre au bleu", Elyane Gerome, in Le Progrès, 24 avril
"La sensualité du signe", Nelly Colin, in Le Journal Rhône-Alpes, 17 avril
"Pin-Up", Claire Peillod, in Lyon-Poche, 24 avril
"Le praticable du château de Grignan", in La Tribune, 19 avril
"Un étrange tapis volant", Annie Comet-Doloy, in Le Dauphiné Libéré, 31 août
"Stèle", Guy Baudrier, in Le Dauphiné Libéré, 31 août

1985
"Marcher sur les traces du bleu", Anne Simonet, in La Tribune, 28 mars
"Diane et Actéon, variations", Claire Peillod, plaquette d'exposition Anne Deguelle,Galerie La Tournelle,novembre

 

TELEVISION :


2000
France 2, journal 20h, ”le mois de la photo à Paris”, 12 novembre

1999
La 5, émission “le journal de la création” Anne Deguelle, projet de façade 2, 21 fèvrier
TPS, Canalsatellite, ,, ,, ,,   12 décembre 

1998
La 5, émission “le journal de la création”  Anne Deguelle à Rueil , 31 mai
La 5, émission “le journal de la création”  Anne Deguelle, peinture sous verre, 14 juin

La 5, émission “le journal de la création” Anne Deguelle, projet de façade 1, 13 décembre

1993
TV5  émission “Vision 5”, Anne Deguelle,exposition à Montréal


RADIO :


2008
France-culture, Surpris par la nuit, rediffusion de "Alliances", interview 2002, 28 octobre

2007
France-culture, “surpris par la nuit”, Au coeur du mystère..., 25 avril

2006
France-inter, “Noctiluque”, anne Deguelle, le portrait rêvé”, 13 fèvrier

2002
France-culture, “surpris par la nuit”, Alliances, 16 octobre

1999
Exposition Demeures au Musée Zadkine, Radio Alligre, Paris,  17 aôut

 

 
         
 

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collections

Musée d’art moderne Weserburg, Brême, Allemagne, 2010
Centro documentacio, MACBA, Musée d'art contemporain de Barcelone, 2009
Bibliothèque Kandinsky, Musée national d'art moderne, Centre G. Pompidou, 2008
Musée Zadkine, Paris, 2005
Neues Weserburg Museum, Brême, Allemagne, 2003
Archives de l'Essonne, 2003
Fonds national d'art contemporain, 1989, 1999, 2001, 2010
Fonds d'art contemporain de la Ville de Paris, 1991, 1993
FRAC Midi-Pyrènées/Musée d'art contemporain, les Abattoirs, Toulouse, 1995
FRAC Auvergne, 1996
FRAC Basse-Normandie, 1997
Fonds municipal de Gennevilliers, 2000
Fonds municipal d'art graphique et photographique / MacVal, Vitry-sur-Seine, 2001
Musée de Valence, 1993
Collection de livres d'artistes du Centre national G. Pompidou, Paris
Centre d'art contemporain de Castres, 1991
Centre d'art contemporain de Saint-Priest, 1995
Artothèque du Limousin, 2001
Artothèque de Caen, 1995
Artothèque de Saint-Priest, 1995
Artothèque de Valence, Artothèque de Villefranche-sur-Saône
Bibliothèque nationale de France
Bibliothèque de Clermont-Ferrand, de Lyon, de Montélimar
Bibliothèque d'Oullins
Conservation départementale de la Drôme
Collection d'art contemporain,Ville d'Annonay
Crédit Local de France, Paris
Collection d'art contemporain,Ville de Portes-les-Valence

 

 
         
 
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liens

www.ateliersdesarques.com
http://www.caisseepargne-art-contemporain.fr
www.weserburg.de
http://www.weserburg.de/index.php?id=192&L=1&year=2004
http://www.weserburg.de/index.php?id=207&L=1
bibliothequekandinsky.centrepompidou.fr
www.lesabattoirs.org
http://www.culture.gouv.fr/culture/dap/unpourcent/exemples/iledefrance/deguelle.htm
http://www.lemurdanslemiroir.fr/deguelle.php
http://www.espacecarteblanche.com
http:// www.artcontemporain-mp.net/artistes/deguelle
http://www.bookstorming.com/objets-multiples
http://www.vademecum-mp.net
Centre de photographie de Lectoure
www.photosapiens.com/
www.galeriedix9.com
www.photographie.com , une interview de Anne Deguelle a l'occasion de l'exposition Grand Hôtel et Des Palmesà la Galerie Dix9
http://rodin-freud.fmsh-devar.fr/Un-autre-regard/anne-deguelle-artiste.html : entretien vidéo au Musée Rodin, 2009