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biographie
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EXPOSITIONS PERSONNELLES
2010
Time is out of joint, Centre culturel,
Villeneuve-la-Garenne
2009
La Porte des Écritures
une re-lecture, Archives de l'Essonne, Château de Chamarande
2008
Nuit Blanche, projection vidéo,
Musée Zadkine, Paris
Rose, Moments artistiques Christian Aubert, Paris
Grand Hôtel et Des Palmes,
Galerie Dix9, Paris
2007
Vanité et autres vidéos,
Centre universitaire du Tarn-et-Garonne, Montauban
Le journal de Palerme, livre, Librairie Bookstorming, La Maison rouge,
Paris
Anne Deguelle R/R, Musée
Calbet, Grisolles
Olivier, auditorium de la Maison Rouge,
Paris
Un million et quarante quatrième anniversaire de l’art,
avec J. Gautel, Musée Zadkine, Paris
2006
DeaR Rose, c’est la vie, Galerie
départementale Sainte-Catherine, Rodez
2005
Abbey Road, Centre d’art contemporain
Abbaye de Maubuisson
De l’Orientation, Saint-Clar, “Cheminements” Centre
de Photographie de Lectoure
2004
X/Beuys, Musée d’art moderne
Weserburg, Brême, Allemagne
Histoires-histoires, Printemps des Musées, Musée Zadkine,
Paris
2003
Résidence#2, Galerie Anne Barrault,
Paris
Nuit Blanche, square Boucicaut, Paris
2002
Beaucoup trop alambiqué, Villa
Vincelli, Fécamp
2001
Le dernier signe de Duchamp, avec Musée
Khombol et M. Jacquelin, Galerie Duchamp, Yvetot
Esta aqui, Galerie Ray Gun, Valencia, Espagne
Bains douches, Centre d’art contemporain - Galerie municipale,
Vitry-sur-Seine
2000
Paris vu de ma fenêtre, Galerie
Anne Barrault, Paris, Mois de la Photo à Paris
Artissima, Turin, Galerie Anne Barrault
Galerie Arnaud Lefebvre, Paris
1999
Duel, Galerie Anne Barrault, Paris
Éclipse, A.D. vous prie d’assister à, envoi postal
Position, Institut français, Breme, Allemagne
ARCO, Madrid, Galerie Ray Gun
Galerie Ray Gun, Valence, Espagne
1998
Mariages, Centre d’art Edouard
Manet, Gennevilliers
...)*,et des Peintures, École des Beaux-Arts de Reims
Centre d’art contemporain, Rueil-Malmaison
1997
Artothèque de Caen
Galerie Plessis, Nantes
Ce que je dis 2 fois est vrai, FRAC Auvergne, Clermont-Ferrand
1996
Diplopies, Mois de la Photo à
Paris, Galerie Isabelle Bongard
Galerie Ferran Cano, Palma de Majorque
Festival International de Photographie, Tarazona, Espagne
...Pour un réenchantement du monde, Galerie Isabelle Bongard,
Paris
1995
Centre d’art “grenier du
chapitre” Cahors
Galerie Ferran Cano, Barcelone
Centre d’art contemporain de Saint-Priest, Lyon
Galerie Yves Le Roux, Montréal. Bourse de séjour de
l’AFAA
Galerie Plessis, Nantes
Galerie Athisma, Lyon
FIAC, Galerie Plessis
1994
Récoltes, Centre arts plastiques
de Villefranche/S. et Serres horticoles de Dardilly
Histoire de galerie, Galerie Albert Benamou, Paris
Far Niente, Galerie Isabelle Bongard, Paris
1993
D’une rive l’autre, Centre
Culturel,Valence
Galerie Yves Le Roux, Montréal
X/Beuys, Staten Galerie, La Haye
1992
Galerie Plessis, Nantes
Staten Galerie, La Haye
1991
Centre d'art contemporain, Castres
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EXPOSITIONS COLLECTIVES
2010
Its
a kind of magic !, Musée d’art moderne Weserburg, Brême,
Allemagne
Dessins 2 Galerie Phal , Paris
Parcours singuliers, Théâtre de Privas, revue faire part
Salon du dessin contemporain, Caroussel du Louvre Paris, galerie Phal
2009
elles@centrepompidou, Musée
national d'art moderne, Paris
Autres Rives / Autres Livres, Bibliothèque Municipale, Thionville
Galerie Serge Aboucrat, Paris
Ligne à Ligne, Galerie
nationale d'Indonésie, Jacarta, commissaire Michel Nuridsany
Salon du dessin, stand Christine Phal, Paris
2008
Marché de Noël, centre
d'art Le Lait, Albi et Castres
Hospitalités, sélection vidéo du réseau
TRAM, projection vidéo au Musée du Jeu de Paume Paris,
au Palais de Tokyo, Paris, à La Maison Rouge, Paris, aux Laboratoires
d'Aubervilliers, à l'Abbaye de Maubuisson, au Domaine de Chamarande
et dans les centres d'art du réseau TRAM
Archives de l'Essonne, Fête de la Science, Château de
Chamarande
SLICK, stand galerie Dix9, Paris
Sur une proposition de Anne Deguelle
"à n dimensions", Galerie Phal, Paris
Livres d'artistes, dans le cadre de la Biennale, Libairie Zadig, Berlin,
Allemagne
Transparences, L'Imagerie, Lannion
Bestiaire routier, Musée
d'art René Quillot, Clermont-Ferrand
2007
...in a mysterious way, Espace carte
blanche, Paris
Dessine-moi un, Galerie Serge Aboucrat, Paris
Rencontre #3, L’Atelier blanc, Villefranche-de-Rouergue
Rencontre #3, La Menuiserie, Rodez
Etre présent au monde, MAC / VAL,
Vitry, accrochage #2 des collections permanentes
Premier salon du dessin contemporain, Paris
L'Été photographique de Lectoure,
centre de photographie, Lectoure
Bis repetita placent, École des
Beaux-Arts de Poitiers
2006
Biennale 3000 Sao Paulo, MAC, Ibirapuera
Park, Sao Paulo, Brésil
les 18 ans des éditions Flilgrane, galerie Les Filles du Calvaire,
Paris
Da Natureza..., Musée Serralves, Porto, Portugal
Open 20, artothèque, Caen
Flux, La Générale, Paris
Ville en vues, Biennale d’ert contemporain, Gonesse, commissaire
Dominique Marchès
Territoires, Espace CE, Toulouse et Lac de Fourquevaux
Comme un mur, carte blanche à Philippe Piguet, galerie Phal,
Paris
2005
Un certain regard, Galerie Édouard
Manet, Gennevilliers
25 l’ACAPA fait son numéro, Artothèque, Angoulême
Cosmique City Bled, Musée Zadkine, Paris
2004
Miroir sans tain, cristal de temps, Ecole
supérieure des Beaux-Arts de Cornouaille, Quimper
Cosmique bled ou des corps mobiles dans
l’espace, Les Arques, Lot
Vagues 2, hommages et digressions, Musée Malraux, Le Havre
Quand on arrive en ville, collection du FRAC Basse-Normandie, 2angles
Flers/Orne
le BBB reste ouvert pendant l’inventaire, BBB, Toulouse
2003
Toujours tout droit, oeuvres du FRAC
Basse-Normandie, Rectorat de l’académie, Caen
Singuliers voyages, Domaine de Chamarande
Avoir 20 ans, FRAC-Musée d’Art contemporain les Abattoirs,
Toulouse
Cinema(s), coll. Frac auvergne, Espace Boudeville, Dompierre-sur-Bresbe
Éditions Buyse, Centre des livres d’artiste, Saint-Yrieix-La-Perche
2002
Ars photographica, musée d’art
moderne Weserburg, Brême, Allemagne
Tout doit disparaître, acquisitions de l’artothèque
du Limousin, Tulle
Paris-Brooklyn, Galerie Schroeder Romero, New York
Ma maison dans ta rue, FRAC Basse-Normandie, Caen
Galerie Le Réverbère, Lyon
2001
Espaces critiques, Collection photograp.
FRAC Basse-Normandie, Mücsarn Kunsthalle, Budapest
Superposition, Musée Zadkine, Paris
ARCO, Madrid, Galerie Ray Gun, Espagne
Foire de Miami, Galerie Ray Gun, Espagne
Petites poésies à usage furtif, FRAC, Clermont-Ferrand
A l’heure où le ciel se couvre de sel, Fonds d’art
moderne et contemporain, Montluçon
2000
Paris 3D, Musée Carnavalet, Paris
Cinq, Château de Montfort, Vernet-La-Varenne, Auvergne
Art à l’hôtel, Galerie Ray Gun, Valence, Espagne
Mémoires provisoires, coll. FRAC Auvergne, Centre culturel
V. Larbaud, Vichy
1999
Galerie François Rivier, Vevey,
Suisse
Paris-Photo, Paris, galerie Anne Barrault
Demeures, Musée Zadkine, Paris
Passage du siècle, Passage de Retz, Paris
Un, deux, trois, soleil !, Donjon de Vez
L’image et ses révèlateurs, Musée Crozatier,
Le Puy en Velay
1998
Entre opacité et transparence,
FRAC Auvergne
Jeux de genres: Fonds d’art contemporain de la ville de Paris,
Espace Electra, Paris
Nouvelles acquisitions, FRAC Basse-Normandie
1997
Potlatch pour Noël Arnaud, , Musée
d’art moderne et contemporain, Toulouse
Photographies, Chapelle Marmontel, Mauriac
Odeurs ... une Odyssée. Passage de Retz, Paris
Du ciel à la terre. Musée Ingres, Montauban
Transit ou la vie en suspens, photographies contemporaines, FRAC,
Clermont-Ferrand
1996
Passeurs de lumière, Musée
Halle Saint-Pierre, Paris
Les pilleurs d’épaves, Künstlerhaus Bethanien, Berlin
Les pilleurs d’épaves, Kuenstlerwerkstatt Lothringerstrasse,
Münich
1995
Une collection,dessins, Centre culturel,
Limoges
Dessin contemporain, Musée de Valence
L’Atelier parisien, Le journal des expositions, Paris
1994
Centre d’art contemporain de Vassivière,
Ile, terre, eau, ciel, Installation dans la tour
Odessa-Champclause, Musée d’histoire, Odessa , Ukraine
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commandes publiques
2004
1796 / 1999 la Porte des Écritures,
Archives Départementales de l'Essonne, Château de Chamarande.
1998
A riveder le stelle, commande
publique d'Etat, intervention sur pylône de télédiffusion,
Felletin.
1996
La chambre des Modèles,
Université Blaise Pascal, les Cézeaux, Clermont-Ferrand.
1994
La première
phrase, Lycée de Saint-Priest, Lyon.
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textes critiques
Voir Palerme
et mourir - Philippe Piguet
Un principe de concaténation règle irrésistiblement
le monde de la création. Question de modélisation et/ou
de réaction. Raymond était fasciné par le génie
inventif de Camille dont il enviait le succès populaire. Sous
le coup de la représentation d’Impressions d’Afrique,
Marcel emprunta à Raymond la mécanique fondatrice de
son grand oeuvre. Camille Flammarion, Raymond Roussel, Marcel Duchamp
: depuis plusieurs années déjà, Anne Deguelle
ne cesse de les poursuivre pour tirer de leur fréquentation
matière à sa démarche.
S’il fut un temps où, pistant l’auteur de La mariée
mise à nu par ses célibataires, même, elle a démontré
que c’est sur le modèle structurel de l’usine de
fabrication de la Bénédictine à Fécamp
que Duchamp a conçu son oeuvre, en 2005 elle s’en est
allée passer une dizaine de jours en Sicile sur les traces
de Raymond Roussel. On le sait, c’est au «Grand Hôtel
et des Palmes» de la ville de Palerme que le prodigieux écrivain
a mystérieusement fini ses jours, dans la nuit du 13 au 14
juillet 1933. Le choix de Palerme, sa détermination à
ne plus vouloir en revenir et sa disparition, ce sont là autant
d’éléments qui n’ont jamais été
vraiment élucidés. Autant d’énigmes qui
fascinent Anne Deguelle, non qu’elle aspire à jouer les
détectives mais parce que son art relève d’une
dialectique qui conjugue réalité et fiction à
un point de fusion tel que l’un justifie l’autre, et vice-versa.
Dix jours durant, Anne Deguelle a donc erré à Palerme
se laissant guider bien plus par une sorte d’intuition naturelle
que par tout souci de reconstitution mémorable. Si elle a passé
toutefois deux nuits dans la chambre 224 du Grand Hôtel en question,
si elle s’est rendue sur la plage de Mondello vraisemblablement
chère à l’écrivain, si elle est allée
en repérage à l’hôtel Savoia où le
jeune chauffeur de Roussel était logé, elle a surtout
cherché à attraper toutes sortes de signes en équivalence
au monde sensible de l’auteur de Comment j’ai écrit
certains de mes livres.
Sans jamais tomber dans les travers d’une « roussélâtrie
» de pacotille mais en écho subtil au monde poétique
et imaginaire du poète-écrivain, Anne Deguelle a emmagasiné
photos et vidéos de situations et d’images y référant.
Ici, le motif de l’étoile, allusion à ce petit
sablé de forme étoilée que Roussel avait rapporté
d’un déjeuner chez Flammarion ; là, les noms de
rues évocateurs d’une planète. Ici, une longue
frise de marbre dessinant au sol les signes du Zodiaque ; là,
le dossier d’une chaise au dessin en éventail d’une
palme stylisée. A la façon d’un Georges Perec
dont le « Cahier des charges de La Vie mode d’emploi »
est un véritable trésor d’outils et de repères,
de relevés et de notes, de tableaux et de croquis, soulignés,
encadrés, caviardés, Anne Deguelle a constitué
tout un monde d’indices instruisant à sa façon
sur un mode dérivé le voyage palermitain de Roussel.
Son dernier voyage. Voir Palerme et mourir. Est-ce là le message
de Raymond Roussel ? Si oui, quel sens lui prêter ?
Comment l’appréhender à l’aune d’une
oeuvre qui est elle-même une énigme ? Quel bout de fi
celle tirer pour tenter d’y voir clair ? A ces interrogations
qui taraudent l’esprit de tous les exégètes de
l’écrivain, Anne Deguelle n’a pas l’intention
d’apporter de réponses déterminantes. Elle se
contente d’alimenter par ses images – photos et vidéo
délibérément mêlées - le mythe roussélien
contribuant
de la sorte à édifi er l’immense palimpseste de
la mémoire. A l’opposé d’un scientifi que
qui s’applique à mettre à jour le fonctionnement
des mécanismes de l’objet qu’il étudie,
Anne Deguelle s’efforce d’élargir la part mystérieuse
de l’aventure ultime de Raymond Roussel de sorte qu’elle
reste à jamais en l’état, c’est-à-dire
défi nitivement opaque.
Quelque chose d’une analogie rapproche Le Grand Verre de Duchamp
et la disparition de Roussel. Une même sorte de mystère
les entoure qui leur confère une résistance à
toute épreuve. La façon dont l’artiste a conçu
son oeuvre et la résistance de celle-ci à ne pas vouloir
se dévoiler, sinon à conduire ceux qui s’y collent
à toutes les investigations possibles, fait écho à
l’énigme de « La strana morte di Raymond Roussel
» (l’étrange mort de R.R.) comme le titrait encore
l’article de Mauro de Mauro paru en 1966 dans L’Ora, le
quotidien de Palerme, 33 ans après l’événement.
Suicide ? Overdose ? Voire assassinat ? Le débat reste ouvert,
excitant la curiosité des inconditionnels de l’écrivain.
Après Michel Leiris en 1949, Marcel Duchamp en 1963 (arrivant
à Palerme trente ans jour pour jour après Roussel) et
Jean-Michel Othoniel en 1993, Anne Deguelle a fait à son tour
le voyage. Le journal qu’elle en a rapporté et les images
qu’elle en a faites sont une invitation à nous
entraîner dans les dédales d’une aventure qui se
nourrit de son propre mythe.
Philippe Piguet, 9 mars 2008
Texte d'Emmanuelle Lequeux paru dans
le catalogue de Maubuisson "Abbey Road" en 2005.
Un jour, une pluie d’étoiles
est arrivée. Par la poste. Elles étaient serrées
sous enveloppe, dans une soie noire. Dispersables au moindre mouvement.
Cette poudre d’argent était accompagnée, dans
le courrier, de lunes et soleils grignotés, de feuilles de
bleu nuit : comme pour initier un enfant doux aux jeux de l’astronomie.
Responsable de l’envoi, Anne Deguelle cherchait ainsi à
signer (discrètement) « la plus grande installation au
monde » : la fameuse éclipse du 11 août 1999, qui
devait avoir lieu quelques semaines plus tard. La signer, pour la
beauté du geste, sa minimale mégalomanie…
J’ai toujours gardé précieusement cette enveloppe,
et me voilà aujourd’hui à nouveau, cette poudre
sous les doigts, me replongeant dans l’univers de cette artiste
du ténu et de sa luminosité. Comme si, dans cette enveloppe,
il y avait une clef. Autre œuvre que je tourne et retourne entre
mes mains : cette petite boîte de conserve, liée à
si peu de choses elle aussi (à tant de colossaux mystères),
où l’artiste a enfermé 36320 neutrinos : À
cette seconde, 36320 neutrinos ont traversé cette boîte,
est-il écrit. Hommage amusé à l’ancêtre
Pietro Manzoni, qui fit conserve, dans les années 60, de sa
Merda d’artista ; mais, surtout, tentative désamorcée
d’attraper le monde, dans toute sa complexité. Et de
garder conscience qu’il échappe, toujours.
C’est ainsi, par l’infime, qu’il faudrait aborder
le rivage de cette œuvre. En tournant autour de ses microscopiques
évidences, en énumérant ses très quotidiens
mystères, en estimant ses grains de sables, comme Anne Deguelle
elle-même compte les noms et les neutrons, ou dresse la liste
d’appel des étoiles. Le processus, que l’on retrouve
d’une exposition à l’autre, a la simplicité
de tout geste poétique : il consiste à égrener.
Ainsi, et même si le visiteur de son exposition de Maubuisson
est confronté à de vastes installations et une floraison
d’histoires, qu’il ne s’y trompe pas : l’essentiel,
pour l’artiste, réside dans le rien. Aussi importantes
que ses propres pièces, le bruit du vent et de l’eau
sur cet ample domaine ; les souvenirs qui y flottent ; le souffle
des noms.
Dans l’abbaye, deux systèmes de diaporama projettent
ainsi sur le grand mur de l’ancienne grange les prénoms
des sœurs qui vécurent ici. Elle en a recensé 118
: Blanche, Luce, Marguerite, Agnès, Guillemette, Venturine,
mais aussi Louise-Hollandine, Gabrielle-Césarine, Pétronille,
Mabille ou encore Milescente. À quoi se mêlent les prénoms
des contemporaines responsables du lieu, accolés à leur
lieu d’origine, comme antan. En s’approchant de cette
pluie de haut-parleurs qui tombent du haut plafond, le visiteur les
entend ainsi égrenés par des voix d’ailleurs.
À commencer par Blanche… de Castille, créatrice
du lieu et mère de saint Louis. Mais aussi Christine de Nouméa
ou Virginie de Belleville, les contemporaines. Le nom : un identifiant
? Ce qui fige sur place, mais aussi ce qui ouvre sur tous les imaginaires.
Une marque infime, mais aussi un tout. Ce qui fabrique l’être,
et ce qui parvient si mal à le suivre dans ses méandres
et ses évolutions. À Vitry, en 2001, Anne Deguelle avait
créé une même litanie : Rudi, Ugo, Sirine, Yasmine,
ou Miguel,… Il s’agissait alors de la liste des enfants
nés dans la commune en l’an 2000. Manière, encore
une fois, de nous livrer les modestes pages de l’Histoire de
France, tout en disant l’énigme des individus. Elle développa
également cette problématique dans une intervention
publique effectuée à Gennevilliers, en 1998 : arrachant
de vieilles photographies de mariage aux archives de l’ancienne
mairie (devenue ce centre d’art, qui l’invita à
exposer), elle les découpe, y sélectionne des visages,
les agrandit pour en faire des affiches, ancrant la ville dans sa
mémoire négligée, redonnant aux individus ce
droit de cité que leur refuse la société du marketing.
Parasitage en douceur de l’espace public…
Cette attention tendre et curieuse aux visages, on la retrouve dans
ses différentes séries liées à la thématique
de la « jumellité », qui l’a longtemps obsédée.
Anne Deguelle a ainsi réalisé toute une série
de doubles portraits d’enfants, destinés à devenir
hommes et femmes célèbres : Gertrude Stein, Marcel Proust,
Marcel Duchamp ou James Joyce. Leurs visages (identiques ?) se retrouvent
en duel, l’un confronté à l’autre, du pareil
au même. « Ce que je dis deux fois est vrai », simule
l’artiste. Double : similaire, simulacre, faux et vrai semblant…
L’artiste se souvient toujours de ce Gérard de Nerval
griffant l’incipit de son livre d’un « Je suis l’autre
» ; du « Je est un autre » de Rimbaud ; elle aime,
aussi, à évoquer cette coutume Yoruba, établie
chez les parents qui ont perdu un jumeau : ils emmènent l’enfant
survivant chez un photographe, pour en faire un double portrait qui
simule le couple de bambins assis l’un à côté
de l’autre. Manière d’apaiser l’esprit du
disparu, d’espérer qu’il ne tentera pas de ramener
le survivant auprès de lui, le mort. Formes instables et in-certaines,
qui mettent en doute ce que le langage et la photographie tiennent
pour évidence… On en revient à cette conscience
qu’a l’artiste de la réalité : volatile
comme un gaz. Opacifiée comme une gaze.
À considérer cette série de jumeaux, il serait
facile d’en conclure qu’il existe deux Anne Deguelle :
l’une qui vit entre les étoiles et la voie lactée
; l’autre, attentive à l’histoire sociale des lieux
qui l’accueillent, à la condition ouvrière, aux
destins immigrés. L’une, qui serait réflexive,
nimbée de concepts, fascinée par les écrits de
Raymond Roussel ; et l’autre, toute générosité,
ravie de partager son travail avec les enfants d’une école
de Vitry-sur-Seine. Un « duo », donc ? Cette évidence
ne lui siérait guère. Est-ce son art souriant de la
digression, sa capacité à cheminer en coq-à-l’âne
? Anne Deguelle réussit à concilier tous ses personnages
et toutes ses passions, pour construire une œuvre harmonieuse,
à l’écart des chemins tout tracés : poétique
parce que sociale, et sociale parce que poétique. Elle n’a
définitivement rien de double. C’est plus complexe et
plus touchant : elle est recto-verso. Et livre beaucoup de ses secrets
quand elle avoue, comme premier choc esthétique, la Reddition
de Breda par Velasquez, au Prado. Elle avait quinze ans, elle a «
alors compris ce qu’était la peinture ». L’essentiel
tient dans sa description du tableau : « une bataille, deux
clans, un échange et une trouée, quelque chose qui se
passe, et un univers s’ouvre ». Étonnant de voir
combien, dans le moindre de ses mots, l’on retrouve ce même
motif : où le langage travaille sa schizophrénie certaine
; où tout se situe à cet endroit, de la déchirure.
Mais revenons à cette vieille idée fixe et stellaire…
Zhiba, Denebola, Kaffa, Étamin : des étoiles, Anne Deguelle
connaît tous les noms arabes ; elle sait leur électricité,
leur lumière si lente à nous parvenir, et peut les dénicher
jusque dans les frontispices de certains livres, comme celui où
Gérard de Nerval, encore, a laissé de sa main une étoile
et un oiseau en cage, signés d’un « G rare ».
Une pluie d’énigmes qu’elle décortiqua un
jour dans une enquête quasi-policière pour la déployer
quelque temps d’exposition en exposition. Tout en jeu de renvois
et de mots, elle la perpétua notamment dans un superbe accrochage
à la galerie Arnaud Lefèvre en 2000 : elle y avait dessiné
en installation toute une constellation de signes, avec lapsus volontaires
et glissements de sens autour de l’étoile rasée
sur le crâne de Marcel Duchamp, des leçons d’astronomie
de Camille Flammarion, et des Impressions d’Afrique de Raymond
Roussel. Étoile : ce qui donne le repère, ce qui dit
le lointain… Pleine de sa poudre argentée, cette enveloppe
signataire de l’éclipse de 99 livre bel et bien des indices
: elle s’ouvre sur cette brèche où travaille l’artiste,
faille entre le monde et son idéal, le présent et son
passé. Ces entités entre lesquelles Anne Deguelle se
plaît à aller et venir.
Élevée à l’art surréaliste du lapsus,
experte en glissements dans sa conversation comme dans son œuvre,
l’artiste aime à jouer des mots comme des signes du réel
: « difficile, quand on est obsessionnelle comme moi, de ne
pas voir des signes partout », s’amuse-t-elle. Son art
consiste ainsi avant tout à arpenter ce « Ministère
des coïncidences » qu’évoquait Marcel Duchamp,
un de ses « cobayes » esthétiques préférés.
Une enquête autour du Grand Verre réalisé par
le maître la conduit ainsi dans une manufacture de Bénédictine
du XIXe siècle. Une usine étonnante, créée
par un marchand de vin qui eut la lumineuse idée de retrouver
le parchemin sur lequel se trouvait la recette de l’élixir
des bénédictins. De cette histoire est né ce
bâtiment, à la fois usine et musée, pastiche Renaissance-Baroque
dont les vitraux racontent l’épopée qui inspire
Anne Deguelle. Persuadée que Duchamp a visité le lieu
où travaillaient de jeunes orphelines, et que l’on en
retrouve des traces dans son grand œuvre, elle construit son
propre travail autour de cette présomption, à travers
notamment une installation de bouteilles de Bénédictine
habillées de soie blanche. « Bien sûr, je n’ai
aucune preuve. Mais ce qui est bien avec Duchamp, c’est qu’on
peut toujours tout réinterpréter. L’essentiel
n’est pas que cela soit vrai ». Frappée encore
une fois par les coïncidences, elle présente d’ailleurs
cette enquête à Maubuisson : de nouveau des jeunes femmes,
de nouveau une abbaye, « de nouveau du blanc, de la virginité
».
Au fil des ans, Anne Deguelle a ainsi appris à plonger dans
le passé pour le lire comme une constellation de sens et multiplie
les interventions dans ce domaine. Elle aime parcourir au présent
le destin de grandes figures de l’art, de Beuys à Duchamp,
« histoire de comprendre comment on refaçonne l’histoire
» – c’est ainsi que, de 1986 à 1996, elle
enregistre d’année en année le passage du temps
sur la nécrologie de Beuys arrachée à un Libération,
son jaunissement progressif –. Elle aime, surtout, travailler
au corps le lieu qui l’invite : nourrie d’in situ, elle
ne peut se détacher des réalités qui l’accueillent,
les occulter, les refuser. Au contraire elles infusent son travail,
elles lui donnent énergie, elles lui construisent un inconscient.
Poétique archéologie qui dit autant de nos temps présents
que de leur passé. Au château de Chamarande, où
elle était invitée en 2003 pour l’exposition Singuliers
voyages, elle fait resurgir la figure de l’un de ses propriétaires,
créateur du Bon Marché, Antoine Boucicaut. Fouillant
dans Zola et son Bonheur des Dames, mais cherchant aussi les résonances
contemporaines de ce passé, elle tente d’évoquer
« cette grande épopée bourgeoise, commerçante,
dont on vit aujourd’hui la queue de comète ». Quelques
mois plus tard, à l’occasion d’une commande publique
(à laquelle furent également présélectionnés
Philippe Ramette et Felice Varini), elle sort des écrits quasi-illisibles
des cartons des archives de l’Essonne : quelques mots de Cocteau,
mais aussi des actes du XVIIe siècle, sorte de contrats passés
avec les enfants pris en apprentissage. Ouvrant le lieu, au sens propre,
par une grande porte transparente, elle y fait graver sur le verre
ces écritures manuscrites qu’elle a découvertes.
Ni hasard ni coïncidence, l’artiste a utilisé un
processus similaire pour Maubuisson. Demandant pour l’exposition
à ouvrir le hall de l’abbaye, pour le rendre littéralement
« traversant » en en modifiant l’architecture, elle
y retrace le parcours RER qui la mène de Paris à Maubuisson.
Toujours cette histoire du passage d’un univers à l’autre,
toujours cette histoire de brèche, de palpitation, de respiration…
Car c’est bien ce double mouvement que l’on retrouve au
fil de ses installations de Maubuisson : inspiration, expiration.
Comment se nourrir du monde et de ses histoires, comment l’oublier
?
E tant données : 1, les ruines d’une ancienne abbaye
cistercienne bâtie au XIIIe siècle ; 2, un détail
important ; c’est à cette même époque que
le Purgatoire fut inventé. Nécessité pour l’Église
de renouveler ses protocoles post-mortem ? Désir d’un
brin d’espoir ? Réaction contre la dramatisation apocalyptique
? Adoucissement de la doctrine ? Peu importe. Lieu de l’entre-deux,
le Purgatoire est alors décrété, avant même
que le Concile de Trente ne renforce la présomption de son
existence au XVIe siècle. La coïncidence n’a pas
échappé à Anne Deguelle. Remontant jusqu’au
Moyen Âge pour comprendre le monument où elle est invitée,
elle découvre une abbaye destinée à recevoir
et héberger de jeunes femmes fortunées destinées
à prier, toute leur vie durant, pour aider les âmes enfermées
dans le Purgatoire à en sortir.
D’emblée séparées du monde, elles vivaient
sous la règle édictée par saint Benoît,
ensuite durcie à Cîteaux afin de mettre ses adeptes et
ces lieux définitivement hors de toute influence extérieure.
Jusqu’au système hydraulique, extrêmement sophistiqué,
tout a été pensé pour s’offrir l’autarcie,
éviter la maladie, faciliter l’hygiène parfaite,
l’alimentation. Bref, se couper du monde. Jusqu’à
aujourd’hui, constate l’artiste, le lieu demeure un «
îlot protégé de la modernité, coincé
entre trois voies SNCF ». Une abbaye comme une sorte de paradis
? Resterait l’enfer de la réalité ? « Mais
comment pouvaient-elles ainsi être en dehors du monde ? »
s’interroge l’artiste. C’est une étrangeté
complète : de quoi étaient faites ces existences, de
quoi se nourrissaient-elles ?
Cette question, Anne Deguelle la travaille au fil de toute l’exposition.
S’éloigner du monde, ou y demeurer ? S’en offrir
la tentative, pour aussitôt revenir à son impossibilité.
N’est-ce pas ce que dit tout simplement cet effet d’affolement
qui s’empare de la caméra, dilatation et rétraction,
quand elle tente de saisir l’éclipse solaire de 1999,
qui tantôt apparaît dans toute sa parfaite rondeur, tantôt
comme une simple tâche floue ? Comment demeurer, comme ce nénuphar
qu’elle filme en guise de Vanité, vierge et immaculé
– car, même plongée dans l’encre, cette fleur
garde sa blancheur intacte : insensible, protégée –
? C’est parce qu’il est impossible d’échapper
à la rumeur du monde que la pièce Au Mitan du lit, datant
de 1995 et radicalement modifiée en 2003 aux Abattoirs de Toulouse
dans l’exposition Les 20 ans des Fracs, est présentée
sous cette forme à Maubuisson. Au départ, une œuvre
très contemplative : comme un ciel tombé, un réseau
électrique d’étoiles, protégées
par un baldaquin translucide. Plus le visiteur s’approche, plus
la vision devient trouble et imprécise. Pièce éthérée,
évanescente, en référence à la Camera
dei sposi de Mantoue mais aussi, bien sûr, « aux astrophysiciens
qui disent que le réel ne peut être que voilé
: il échappe toujours » ; et, surtout, une chambre, c’est-à-dire
une camera – ce qui capte. Anne Deguelle y a donc placé,
comme une obligation intime, un moniteur diffusant des images du 11
septembre, filmées à même la télévision,
au ralenti. « On y voit le commentateur comme entre le sommeil
et le plaisir, c’est très étonnant, raconte-t-elle.
La pièce, dans son microcosme, était tellement indépendante,
j’avais envie d’y faire passer les captations des bruits
du monde. Tout comme dans les cloîtres, la rumeur du monde devait
bien finir par arriver ». « L’abbaye qui abrite
aujourd’hui l’exposition a d’ailleurs été
détruite à la Révolution Française »,
rappelle-t-elle, comme pour renforcer ses dires.
Il ne faut donc voir aucun hasard, ni aucune frivolité, dans
cette obsession que nourrit ici l’artiste pour l’eau et
le vent. Forces de transition et de réconciliation, appels
à la perméabilité, ils traversent le domaine
comme ils traversent ses œuvres, charriant tout ensemble les
humeurs de l’histoire et le désir de pureté, à
la fois objectifs et idéaux : comme une musique – là
encore, le titre de l’exposition, Abbey road, peut se lire davantage
que comme un jeu de mots –. L’eau ne parvient peut-être
pas à pénétrer le nénuphar. Certes. Mais
elle sait le noyer.
1-Informations fournies à l’artiste par Liliane Durand-Dessert.
Emmanuelle Lequeux
Texte d'Éric
Suchère paru dans le catalogue Déduction en 1998.
Anne Deguelle, déduction
Définition sommaire ou tentative d'encerclement
Je l'ai déjà dit ailieurs, mais il est parfois bon et
nécessaire de se répéter, Annee Deguelle, quoiqu'elle
ait montré beaucoup de photographies n'est pas photographe.
Elle fait de la peinture mais n'est pas peintre. Elle fait des installations
mais n'est pas... donc, quoi ? Il lui est arrivé de faire,
également, des vidéos, de l'horticulture, d'écrire,
de faire du son. Certains appelleraient ça une "touche
à tout", "une artiste éclectique", d'autres
penseraient à l'instabilité chronique, on pourrait arguer
de la peur de se laisser enfermer dans des catégories et elle
aurait bien raison puisque je tente, ici, une tentative d'encerclement.
Donc, elle n'est pas ceci ou cela mois il fout bien qu'elle soit,
en dehors de ce ni ni.,., quelque part
J'affirmerais qu'elle est artiste, avec cela l'affaire seroit réglée.
Soit, dont acte, mais artiste de quel bord ? Pas artiste moderne,
l'artiste moderne est celui qui tendrait vers l'homogénéité
du discours et qui mettrait le discours dons le médium. J'entends
bien qu'il y ai des trublions mois, soit ils n'ont pas été
vus, soit ils ont souhaité la disparition même de l'art.
Je pense pour la première catégorie à quelqu'un
comme Schwitters, pour la deuxième aux artistes du groupe Fluxus.
Quand ces derniers veulent en finir avec l'art, c'est, justement,
ce qu'ils font, ils mettent en place des pratiques hétérogènes
et vont sur les marges, les bords, voir d'autres médiums que
le leur et tentent de les brasser, Cage, le premier. Et, bien que
je devine une certaine sensibilité à Cage, je ne crois
pas qu'Anne Deguelle veuille en finir avec l'art.
Donc, reprenons au risque d'émettre des lectures rapides ou
abusives. Anne Deguelle fait partie de ces artistes - pure formule,
elle ne fait partie de rien - pour lesquels I'œuvre ne s'épuise
pas dans sa forme. On objectera que c'est le cas de tous les bons
artistes donc je reprends. Anne Deguelle est une artiste qui se préoccupe
de la forme, qui met en forme mais qui ne met pas en forme la forme
elle même afin d'en dégager une poétique comme
cela pourrait être le cas de Barnett Newman ou, d'une manière
plus évidente, de Donald Judd.
Chez elle, la mise en forme est instable ou cette mise en forme rend
instable la notion de mise en forme elle-même. Ses peintures
sont-elles réellement des peintures quoique ayant des problématiques
picturales ? Ses photographies ont, peut-être, des problématiques
photographiques ou bien des problématiques picturales mais,
après tout, cela importe peu ou, si cela importe, c'est parce
que cette assertion me permet d'affirmer que dire que ces photographies
ont une problématique picturale est vouloir enfermer cette
pratique dans une problématique formelle - j'emploie le terme
formel plutôt que formaliste, celui-ci étant trop connoté
- dont ce travail n'a que faire. Ces photographies ne sont pas picturales
non parce qu'elles n'ont pas de qualités picturales mais parce
que le pictural n'est pas leur fond, ni même le photographique,
il y est par accident.Peut-être que la chose n'est pas nouvelle
si l'on se souvient d'une exposition intitulée : "Quand
les attitudes deviennent formes". Peut-être ne s'agit-il
pas tant de supposer que ce qui compterait serait l'attitude, la posture
et que la forme la révélerait, en ferait l'épiphanie,
ni, finalement, que cela aboutirait à une forme - bien que
l'on puisse trouver une certaine proximité avec le travail
de Bruce Nauman qui participerait à cette exposition.J'en viens
au fond bien que la définition par exclusion soit tentante.
Anne Deguelle travaille sur le regardeur et sur le langage. Je dis,
j'écris, cela mois j'avoue que je n'en sais rien.La forme,
dons les œuvres d'Anne Deguelle, est rendue instable par le langage
et par le regardeur. Instable comme on pourrait le dire d'un gaz,
instable m'amenant à volatile. Le texte, le langage, s'installe
entre le regardeur et l'image afin de le faire douter de ce qu'il
tient pour une évidence : l'image. Le langage s'instale entre
le spectacteur et l'œuvre afin de mettre en doute ce qu'il tient,
généralement, pour une évidence : le réel.
Le spectateur s'intercale entre l'œuvre et le réel et
peut douter, alors, de ce qu'il voit. Réplique, double, similaire,
identique, invention, imitation, écart, réel, langage,
reste à ajouter: similaiire, semblable et, surtout, vérité
; il me semble qu'il y a là, un lexique propre à rendre
compte de ce que JE vois
Le langage s'installe entre le regardeur et l'image afin de le faire
douter de ce qu'il tient pour une évidence: l'image , c'est-à-dire
le réel.Pour nous, le photographique est le réel et
nous tenons le réel pour vrai. Le réel (ou nature) est
l'ensemble, des choses dont on ne peut douter, il en va de même
pour le photographique. La photographie, sauf rares cas, véhicule
une image, l'image est une évidence. Anne Deguelle en marge
des Diplopies, écrit: "Ce que je dis deux fois est vrai".
Non pas ce que je vois mais ce que je dis. En doublant le réel
par une photographie et en redoublant la photographie par une autre,
l'image accuse ses dissemblances dans le même. L'identique ne
semble pas semblable, tout au plus simillaire. Je ne peux voir deux
fois sans douter. Le langage peut récupérer ou accuser
cette perte. Mais, quand je dis deux fois qu'est-ce que je dis la
deuxième fois de plus et la première fois de moins ou
la deuxième fois de moins et la première fois de plus.
Le langage nous fait ainsi, douter du redoublement comme preuve irréfutable
du réel, c'est-à-dire de Ia vérité des
choses . La photographie ne dit jamais le même dans le redoublement,
elle dit l'écart, ni plus, ni moins et il est à douter
que l'écart manifeste le vrai. En faisant référence,
par cette phrase, à Lewis Caroll, Anne Deguelle fait référence
au nonsens qui n'est pas l'absence de sens, comme une traduction trop
hâtive pourrait le laisser penser, mais un excès de sens.
Cet excès ne tient que dans le langage qui seul peut redoubler
en augmentant le sens.Dons les Indices et Modèles, le langage
dirige la lecture de l'image - le terme lecture est, ici, intéressant
- sur une déréalisation de l'image. Ainsi, une image
de la foudre frappant la Tour Eiffel est-elle accolée à
une étiquette indiquant : "Coup de foudre" qui fait
de l'image une métaphore de l'amour et l'indice, déviation
d'une phrase scientifique : "Le roi Lear low energy antiproton
ring", introduit à un réseau d'interprétations
littéraires (de Shakespeare à Wagner) mettant en scène
une énigme. Énigme redoublée par la présence,
dons une même phrase, du français et de l'anglais. À
moins que le texte ne soit pas une légende mais que la photographie
soit le commentaire du texte.
Le spectoteur s'intercole entre l'œuvre et le réel et
peut douter alors, de ce qu'il voit.Dans les peintures, la surface
réfléchissante qui s'interpose entre le spectateur et
la couche de pigment fait du tableau un miroir, du monochrome un portrait.
"De sorte que, dit Merlau-Ponty, le voyant étant pris
dans ce qu'il voit, c'est encore lui même qu'il voit (1) ",
ni l'œuvre, ni le réel, en tant que regardant l'œuvre,
il n'est plus réel. Il procède à sa propre duplication,
il opère son propre redoublement et se dédouble puisqu'il
est, alors, regardé par les choses.
Cette présence du doute peut-être plus directe dans les
Doubles-Portraits puisque le spectateur non seulement ne voit jamais
le même mais que, regardant, par exemple, le visage de Proust
enfant, je cherche, non seulement, ce qui le rattache au visage de
l'adulte qu'il deviendra et que je connais mois, aussi, à ce
qui le rattache, dons son regard, son expression, à ce que
seront les caractères de son oeuvre, cette oeuvre qu'il n'a
pas faite.
Ce redoublement peut, également, prendre la figure du mimesis,
quand l'artiste, reproduit, un fragment du réel à l'échelle
et place celui-ci en face de son modèle. Nous ne sommes en
rien les oiseaux de Zeuxis se laissant abuser par les grains de raisins
peints mois il reste qu'en voyant de fragment décollé,
plat, pure surface, que nous ne pouvons que douter, nous défier
de l'un et de l'autre qui se confondent, un instant, dons ce trouble,
puisque nous sommes, entre l'un et l'autre, obligés de choisir,
donc d'accuser les différences dans ce qui ne devrait pas en
manifester.
Tout cela incite à penser que l'œuvre
est une imitation du réel et son invention, elle oscille entre
l'un et l'autre quiconque croyant qu'elle imite est dans le mensonge,
quiconque croyant qu'elle invente est dans l'illusion autant sur la
nature du réel que sur celle de l'œuvre. Le langage est
une imitation et une invention du réel, c'est pour cela qu'il
est un double de l'œuvre, ce double manifeste un écart
similaire à celui existant entre l'image et le réel,
entre le langage et l'image, entre l'œuvre et le regardeur, ce
dernier et le réel.
1- Maurice Merlau-Ponty, Le visible et l'invisible, Paris, Gallimard,
1964, p.268.0
Éric Suchère
Texte de Jacques Roubaud, déduction
d'étoiles doubles, 1996
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entretiens
Entretien avec Anne Deguelle par Caroline
Coll-Seror
CCS : - Le titre de l’exposition que vous présentez à
l’abbaye de Maubuisson : Abbey Road renvoie bien entendu au
lieu lui-même mais aussi à la notion d’un cheminement…
AD : - Depuis que je crée des pièces – cela fait
une vingtaine d’années -, mes œuvres ont toujours
travaillé la question du lieu où elles sont présentées.
Le titre Abbey Road s’est imposé subitement à
moi et il faut le prendre dans sa littéralité.
Il fait aussi allusion à la pièce du même nom
présentée dans l’exposition, au cœur de l’abbaye.
Une quarantaine d’images restitue mes déplacements en
RER entre mon atelier parisien et cet autre atelier temporaire qu’est
l’abbaye. Ces images souvent contrastées, « collées
» les unes aux autres enregistrent les variations de l’espace
péri-urbain. Au-delà du Paris « carte postale
», elles mettent à plat l’évolution du paysage
urbain, ses hésitations, son va-et-vient entre urbanisme et
campagne. Elles enregistrent aussi le changement des saisons.
Cette notion de déplacement dans le temps - et pas seulement
dans l’espace - renvoie également à mon propre
cheminement. L’exposition présente des pièces
réalisées à dix années d’intervalle
et démontre cette obstination à prendre en compte une
interrogation sur les lieux d’exposition comme raccourci d’une
interrogation plus vaste sur les systèmes ou les mécanismes
de notre monde.
Abbey Road fait enfin référence à un album des
Beatles devenu classique qui désignait lui aussi un atelier
de travail : le studio d’enregistrement du même nom situé
au n° 3 de abbey road. Le cheminement vers l’abbaye est
aussi cheminement d’un atelier à l’autre…
CCS : - L’exposition se développe autour de trois thèmes
: l’eau, le ciel, le féminin. Qu’est-ce qui a motivé
ces choix ?
AD : - La forte présence de l’eau sur le site de l’abbaye
et l’effet de saisissement éprouvé lors de ma
première visite ont indéniablement infléchi ce
choix. L’eau conduit le visiteur dès son entrée
sur le domaine, elle l’accompagne sans relâche jusqu’à
l’abbaye en un cheminement visuel et sonore alternant apparition
et disparition jusqu’à s’engouffrer mystèrieusement
sous les murs du bâti. Mais je ne savais rien alors des nécessités
sophistiquées que cela impliquait…
Le ciel s’impose comme corollaire de l’eau et du cloître.
Il se reflète dans les miroirs d’eau, sa géométrie
dessine celle du carré du cloître qui, même s’il
n’est plus visible aujourd’hui, n’en finit pas de
nourrir notre préhension de ce passé. Le dialogue sous-jacent
entre microcosme et macrocosme n’est pas si éloigné
du questionnement contemporain des astrophysiciens autour de la mystèrieuse
masse manquante de l’univers.
La documentation disponible sur l’histoire du site révèle
qu’il s’agissait d’une abbaye de femmes. J’ai
découvert l’importance de cette représentation
féminine dans le monachisme. Le féminin agit comme une
présence obstinée dans ces lieux avec en pointillé
l’idée de quelque chose à sauver.
Il y a eu d’abord ces très jeunes femmes, issues de la
noblesse et apportant une dot conséquente qui s’engagent
dans cette vie de clôture jusqu’à leur mort. Que
venaient-elles y faire ? A une époque où apparaît
l’idée du purgatoire et où la notion de salut
revêt une grande importance, les moniales étaient des
intermédiaires, elles intervenaient comme médiateurs
pour les autres. Ces cinq siècles d’occupation féminine
et cistercienne sont placés sous le signe du sauvetage des
âmes.
Après quelques désordres, lorsque les femmes réapparaissent
à la fin du XIXème siècle, c’est encore
avec le souci de sauver…les restes de l’abbaye. Aujourd’hui,
les femmes encore animent ce lieu culturel, ce qui pose un nouveau
questionnement et l’idée d’une autre forme de sauvetage.
CCS : - Comment ces thèmes se relient-ils les uns aux autres
? Y a-t-il un dénominateur commun ?
AD : - La lumière comme élément physique et,
par effet de conséquence, spirituel, sert de fil conducteur.
Sans lumière, il n’y a ni couleur, ni peinture, ni monde.
Cette lumière blanche est tout à la fois le moyen de
notre connaissance et la condition de notre aveuglement. Car en réalité,
nous sommes dans un noir profond, le soleil ne nous éclaire
pas, il nous aveugle. Les éclipses sont intéressantes
à ce propos, c’est pourquoi l’une d’elle
ouvre l’exposition dans la grange aux dîmes.
Dans mon travail, il y a beaucoup de photographies et de projections
lumineuses. Ces médiums sont présents dans l’exposition,
ils agissent aussi comme métaphores de notre connaissance de
l’univers. Le fait d’arrêter les photons conditionne
l’apparition des images.
Installations, vidéos…, le blanc sera présent
tout le long du parcours. On peut aussi percevoir cette présence
comme une mise en boucle de la création de l’abbaye due
à … Blanche de Castille.
CCS : - Photographies, vidéos, environnements, projections
lumineuses, œuvres sonores… Comment comprendre la multiplicité
des pratiques auxquelles vous recourrez ? Champ de recherches sur
« l’image » ou moyens d’explorer les signes
du réel ?
AD : - Tout d’abord tous ces moyens sont à la disposition
de tous les artistes et bien d’autres sont à notre disposition,
ce ne sont que des médiums. Personnellement je ne me définis
ni comme photographe, ni comme vidéaste ou cinéaste,
Toutefois, comme nous venons de l’évoquer, j’ai
une prédilection pour tout ce qui touche la lumière,
projection et éléments lumineux, lampes, néon
etc. et la photographie dans sa forme traditionnelle est encore un
enregistrement de la trace des photons dans l’espace.
Il y a ensuite. un souci d’incorporer le spectateur au centre
du travail, par sa présence et ses déplacements dans
ou autour de l’œuvre. Nous ne sommes plus depuis longtemps
dans un rapport centré, frontal et idéal – l’œil
du Prince -, nous évoluons au contraire dans l’univers
de la fragmentation. Les installations permettent les déplacements
et une approche fragmentaire de l’œuvre. Il devient acceptable
de voir un moment de l’œuvre, sa vision ou son expérimentation
parcellaire ne sont pas forcément une trahison mais s’apparentent
au moment, et il y a beaucoup de moments possibles.
CCS : - Nombre d’œuvres présentées à
l’abbaye ne peuvent-elles à la fois être perçues
comme des témoignages – rendant compte d’un événement,
d’un vécu ou encore d’une réalité
sociale – et comme des images agissant poétiquement ?
Comment articulez-vous ces deux aspects ?
AD : - Ma démarche prend appui sur deux nécessités.
Le lieu qui intervient dans l’œuvre est d’abord lieu
commun. Je l’entends à la fois comme territoire partagé
et fondement d’un raisonnement. Dans la rhétorique du
XVIIIème siècle, le lieu commun est, dans un discours
complexe, l’articulation qui permet à tous de se retrouver.
Il s’agit donc de pointer ce qui est là, simplement de
l’éclairer et le seul fait de l’éclairer
induit une sorte de ré enchantement. Il s’agirait donc
d’une tentative de ré enchantement du monde. Ce ré
enchantement traverse les œuvres d’art, cela nous le savons
par expérimentation, mais il traverse aussi une parole ou un
témoignage dit plus « quotidien ». La poésie
n’est donc pas de mon fait, elle est présente en jachère.
Le travail de l’artiste n’est au mieux qu’un révélateur
intuitif. J’assemble des éléments épars
pour tenter d’en faire quelque chose de juste, notamment par
rapport au lieu d’exposition, et quelque chose qui existe en
soi.
CCS : - Quels rôles attribuez-vous à l’histoire
et à la mémoire dans cette approche des lieux ?
AD : - L’histoire est un moyen, un outil pour décrypter
mais elle est temporaire, sujette à variations suivant les
préoccupations successives des époques. On parle alors
de ré interprétation, de relecture. Il s’agit
en quelque sorte de refaire le cheminement à l’envers,
comprendre pourquoi telle version a été retenue plutôt
que telle autre.
La mémoire implique une idée plus collective et plus
poétique. Ce qui est encore plus troublant, ce sont les oublis,
les amnésies, le manque. La fabrique de la mémoire comprend
cet entrelacs des deux : il faut oublier pour mémoriser. Pour
citer Jacques Roubaud1 : « c’est l’image de l’hésitation
des étoiles à briller dans un ciel de mémoire
».
CCS : - Quel(s) rapport(s) cette mémoire entretient-elle avec
le présent ?
Un souci constant puisque c’est la mémoire qui crée
notre présent, qui l’engendre et le nourrit, réactivé
ou réactif. Le déchiffrage de notre présent encore
plus énigmatique que le passé, transite par la mémoire.
1. Jacques Roubaud, “Anne Deguelle. Déduction d’étoiles
doubles”, die Raüber des Strandguts / les pilleurs d’épaves.
Single Verlag, Berlin, 1998.
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bibliographie
2010
Paul Ardenne, in Art
press, « phase zéro galerie Serge Aboucrat », janvier,
p. 86 reproduction
Beaux-Arts magazine, Exhibitions, « centre culturel Max Juclier,
Anne deguelle », mars, p.138
2009
Ossip’studio, Musée Zadkine, texte de Noëlle Chabert,
éd. Paris musées, p. 12,15-16, 20, 61-62-63
Faire part 2009, revue littéraire, photographies pour Nicolas
Pesquès
2008
Philippe Piguet, in Photographie nouvelle, "Mourir à Palerme"
extrait, mai-juin, p.29
Claire Guillot in Le Monde, "Anne Deguelle, Galerie Dix9",
10 mai, p.21
Bénédicte Philippe in Télérama Sortir,
"Grand Hôtel et des Palmes", 11 juin, p.27
Valérie de Maulmin in Connaissance des Arts, "la quadrature
du cercle", juillet-août, p.144
L'Art à ciel ouvert, commandes publiques en France 1983/2007,
éd. Flammarion, p.89, 236
L'art contemporain dans les espaces publics, Territoire du Grand Lyon
1978/2008, éd. La BF15, p.26, 190, 227
Semaines n°09, éditions Analogues Semaine 46.07, Anne
Deguelle R/R, Musée Calbet
Epreuves du Mystère, éd. Ereme, ouvrage collectif
avec Jean-Michel Alberola, Pierre Buraglio, Philippe
Cognée, Marc Couturier, Anne Deguelle, Sylvain Dubuisson,
Yazib Oulab, Emmanuel Saulnier, Raphaël Thierry, Arnulf
Rainer, Bill Viola, Simon Hantaï, Carole Benzaken
2007
Catherine Huber in Flashebdo,Deguelle,Roussel,Duchamp et les autres, p.6, 21novembre
Parcours #2, catalogue, Collection du Musée d'art contemporain
du MAC/VAL
Anne Deguelle, “Le Journal de Palerme”, éditions
Bookstorming, Paris
Semaine 46.07, “Anne Deguelle R/R, Musée Calbet Grisolles”,
édition Analogues
Yann Le Chevalier, in Parcours des Arts n°12, “Anne Deguelle,
de la poésie sinon rien”, p.8-9
Yann Le Chevalier, in Parcours des Arts n°12, “La quête
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Les carnets de l’auditorium, “exposition de vidéo
contemporaine Anne Deguelle”, p.6
Semaine 31.07, “Hospitalités Genius Loci, Musée
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L’Été photographique de Lectoure, ”Anne
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2006
Noëlle Chabert, “Le jardin du Musée Zadkine”
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Caroline Coll-Seror, “Artistes: quels regards sur le patrimoine”
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Natacha Wolinski , “Panorama” in Beaux-Arts magazine,
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Céline Leturcq in Art 21, “Abbey road Anne Deguelle“,
décembre n°5, p.62-63
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Beaux-Arts magazine, “les expositions à voir en France,
Musées et Centres d’art”, octobre p.156, nov. p.138,
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Pierre Causse, in DS, “Anne deguelle - Abbey road”, novembre
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Frédérique Chapuis, in Télérama Sortir
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Julie Boukobza, in l’Officiel, “l’agenda d’Octobre”,
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Anne Deguelle, Abbaye road, catalogue, édition Filigranes/Abbaye
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Bettina Brach, in Punkt, Kunst im Nordwesten, “Neues Museum
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Philippe Piguet, in l’Oeil, “carte blanche à Anne
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Emmanuelle Lequeux, in Beaux-Arts magazine, portrait “Anne Deguelle,
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Reflets, magazine , n°49, “Beaux-arts, Fonds régional
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M. Blanchard, notice biographique, in Vagues, hommage et digressions,
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in Neues Museum Weserburg Bremen, Programm, “Anne Deguelle,
X/Beuys”, Septembre-octobre
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in Neues Museum Weserburg Bremen, Programm, “Anne Deguelle,
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"La sensualité du signe", Nelly Colin, in Le Journal
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"Pin-Up", Claire Peillod, in Lyon-Poche, 24 avril
"Le praticable du château de Grignan", in La Tribune,
19 avril
"Un étrange tapis volant", Annie Comet-Doloy, in
Le Dauphiné Libéré, 31 août
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31 août
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TELEVISION :
2000
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12 novembre
1999
La 5, émission “le journal de la création”
Anne Deguelle, projet de façade 2, 21 fèvrier
TPS, Canalsatellite, ,, ,, ,, 12 décembre
1998
La 5, émission “le journal de la création”
Anne Deguelle à Rueil , 31 mai
La 5, émission “le journal de la création”
Anne Deguelle, peinture sous verre, 14 juin
La 5, émission “le journal
de la création” Anne Deguelle, projet de façade
1, 13 décembre
1993
TV5 émission “Vision 5”, Anne Deguelle,exposition
à Montréal
RADIO :
2008
France-culture, Surpris par la nuit, rediffusion de "Alliances",
interview 2002, 28 octobre
2007
France-culture, “surpris par la nuit”, Au coeur du mystère...,
25 avril
2006
France-inter, “Noctiluque”, anne Deguelle, le portrait
rêvé”, 13 fèvrier
2002
France-culture, “surpris par la nuit”, Alliances, 16 octobre
1999
Exposition Demeures au Musée Zadkine, Radio Alligre, Paris,
17 aôut
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collections
Musée d’art moderne Weserburg,
Brême, Allemagne, 2010
Centro documentacio, MACBA, Musée
d'art contemporain de Barcelone, 2009
Bibliothèque Kandinsky, Musée national d'art moderne,
Centre G. Pompidou, 2008
Musée Zadkine, Paris, 2005
Neues Weserburg Museum, Brême, Allemagne, 2003
Archives de l'Essonne, 2003
Fonds national d'art contemporain, 1989, 1999, 2001, 2010
Fonds d'art contemporain de la Ville de Paris, 1991, 1993
FRAC Midi-Pyrènées/Musée d'art contemporain,
les Abattoirs, Toulouse, 1995
FRAC Auvergne, 1996
FRAC Basse-Normandie, 1997
Fonds municipal de Gennevilliers, 2000
Fonds municipal d'art graphique et photographique / MacVal, Vitry-sur-Seine,
2001
Musée de Valence, 1993
Collection de livres d'artistes du Centre national G. Pompidou, Paris
Centre d'art contemporain de Castres, 1991
Centre d'art contemporain de Saint-Priest, 1995
Artothèque du Limousin, 2001
Artothèque de Caen, 1995
Artothèque de Saint-Priest, 1995
Artothèque de Valence, Artothèque de Villefranche-sur-Saône
Bibliothèque nationale de France
Bibliothèque de Clermont-Ferrand, de Lyon, de Montélimar
Bibliothèque d'Oullins
Conservation départementale de la Drôme
Collection d'art contemporain,Ville d'Annonay
Crédit Local de France, Paris
Collection d'art contemporain,Ville de Portes-les-Valence
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liens
www.ateliersdesarques.com
http://www.caisseepargne-art-contemporain.fr
www.weserburg.de
http://www.weserburg.de/index.php?id=192&L=1&year=2004
http://www.weserburg.de/index.php?id=207&L=1
bibliothequekandinsky.centrepompidou.fr
www.lesabattoirs.org
http://www.culture.gouv.fr/culture/dap/unpourcent/exemples/iledefrance/deguelle.htm
http://www.lemurdanslemiroir.fr/deguelle.php
http://www.espacecarteblanche.com
http://
www.artcontemporain-mp.net/artistes/deguelle
http://www.bookstorming.com/objets-multiples
http://www.vademecum-mp.net
Centre de
photographie de Lectoure
www.photosapiens.com/
www.galeriedix9.com
www.photographie.com
, une interview de Anne Deguelle a l'occasion de l'exposition
Grand Hôtel et Des Palmesà la Galerie Dix9
http://rodin-freud.fmsh-devar.fr/Un-autre-regard/anne-deguelle-artiste.html
: entretien vidéo au Musée Rodin, 2009 |
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